Cinq membres de la Coordination rurale ont été interpellés ce mercredi matin, 11 février, à leurs domiciles en Haute-Garonne. Ces arrestations interviennent après plusieurs semaines de mobilisations agricoles, attirant des accusations d'intimidation politique.
« Est-ce le résultat des actions de protestation menées par divers syndicats dans l'agglomération toulousaine, notamment en lien avec la dermatose bovine et le Mercorsur ? », s’interroge Maxime Raud, président de la Coordination rurale. Les interpellations ont eu lieu à Saint-Béat, Salies-du-Salat, Carbonne et Muret. Raud témoigne que l’un des agriculteurs a eu sa porte fracturée, menotté devant ses enfants, ce qui a suscité l'indignation du syndicat, qui dénonce des méthodes jugées disproportionnées.
Des dégradations à l'origine des interpellations
La Coordination rurale déplore « ces méthodes brutales et choquantes », affirmant que défendre son métier ne devrait pas être traité comme un acte de « grand banditisme ». Pour sa part, le parquet de Toulouse a précisé qu’un groupe d'individus, dont font partie les agriculteurs, est soupçonné d'avoir dégradé plusieurs transformateurs Enedis entre le 15 et le 27 janvier et d'avoir causé des dommages occasionnant un risque pour la sécurité publique.
Maxime Raud, très affecté par ces événements, laisse éclater sa frustration : « On n’est jamais écouté, contrairement à d'autres ». En évoquant l'indifférence des politiques face aux crises agricoles, il ajoute : « Nous ne resterons pas silencieux ». autour d’eux.
Un climat de tension avant le Salon de l'agriculture
À l’approche du Salon international de l’agriculture, cette situation intensifie les tensions avec le gouvernement. Le syndicat critique l’attitude du gouvernement qui, selon eux, privilégie l'envoi de forces de l'ordre plutôt que de défendre les agriculteurs. « Les arrestations violentes montrent à quel point l'État est déconnecté des réalités du monde agricole », souligne une déclaration officielle de la Coordination rurale.
La Coordination rurale exige la libération des agriculteurs, une intervention directe du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur pour une approche plus apaisée des problématiques, ainsi qu'une transparence accrue sur les raisons de leurs arrestations. Le syndicat appelle également à un retour rapide au dialogue avec l'État sur les préoccupations des acteurs ruraux, espérant mettre fin à la pression judiciaire sur ceux qui s'impliquent dans ces luttes.







