La corruption est devenue une préoccupation majeure en France, comme l'indique le dernier rapport de Transparency International. Avec un classement désormais à la 27e place mondiale sur 182 pays, la France enregistre son pire score depuis la création de cet indice.
Le score national a chuté de 72 en 2022 à 66 en 2025, marquant quatre années consécutives de baisse. Ce déclin efface les progrès réalisés à la suite des importantes réformes de la décennie 2010, à commencer par la loi Sapin II. Alors que cette loi célèbre son dixième anniversaire, son bilan apparaît inquiétant.
Un affaiblissement des protections anticorruption
Ce déclin est attribué à un manque de volonté politique manifeste, selon Transparency International. Le maintien en fonctions de ministres sous enquête et l'absence de discours gouvernementaux fort illustrent ce relâchement. De plus, les ressources allouées à la prévention et à la répression sont jugées insuffisantes. La situation de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) est un exemple, car son extension de compétences n’a pas été accompagnée d’une augmentation des effectifs, allongeant ainsi le délai de traitement des déclarations des élus.
À ces problématiques s’ajoute un démantèlement progressif des normes anticorruption adoptées dans les années 2010, comme l’augmentation permanente des seuils de publicité des marchés publics et un affaiblissement des contrôles juridiques. Ces changements sont perçus par l’ONG comme une érosion préoccupante des mécanismes anticorruption en place.
Une menace pesante sur notre démocratie
Le rapport met également en avant une sous-estimation des enjeux démocratiques par l'exécutif. Cela se manifeste par l’adoption discrète du plan national pluriannuel de lutte contre la corruption, sans réelle communication. Lors des обсуждения européennes concernant la première directive anticorruption, la France apparaît peu proactive, face à d'autres États membres, affaiblissant ainsi des articles cruciaux sur la responsabilité pénale des personnes morales.
Florent Clouet, délégué général de Transparency International France, avertit que la perception de corruption parmi les dirigeants peut provoquer une agitation sociale dangereuse, menant soit à un sursaut démocratique, soit à un glissement vers un régime illibéral. Actuellement, la France se situe en dessous de la moyenne des démocraties pleinement ouvertes.
Dans un contexte où les pouvoirs informationnels, politiques et économiques se concentrent, une non-réaction face à ce recul serait gravement préjudiciable pour l’État de droit, comme le souligne le rapport.
Appel à un renouveau dans la lutte anticorruption
Malgré cette situation alarmante, l'organisation stipule qu'il n'est pas trop tard pour agir. Patrick Lefas, président de Transparency International France, soutient que la présidence française du G7 offre une occasion unique de montrer un exemple de bonne pratique en matière d'intégrité publique.
En parallèle à la publication de l'indice, Transparency International a aussi proposé un plan alternatif de mesures, incluant la justice indépendante, un meilleur accès aux données sur les marchés publics, la transparence des aides publiques, ainsi qu'une régulation du lobbying et la protection des lanceurs d'alerte.
En s'appuyant sur son Forum des collectivités engagées, l'organisation présente également dix engagements à destination des candidats aux élections municipales et intercommunales, soulignant que la lutte contre la corruption doit être une priorité à tous les niveaux.







