Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, a confirmé ce week-end que des discussions sont en cours concernant une éventuelle surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. Cette mesure, longtemps réclamée par le Parti socialiste, a été temporairement mise de côté par l'Assemblée, le ministre soulignant la nécessité de finaliser les chiffrages en parallèle des négociations avec les groupes parlementaires du Sénat.
« Nous sommes en train de peaufiner les derniers chiffres. C'est une question cruciale, car nous devons également examiner les dépenses des collectivités locales », a-t-il déclaré lors d'une interview sur France Info, rappelant que cette surtaxe figurait dans le budget proposé par le gouvernement. « Ce n'est pas uniquement une demande du PS », a-t-il insisté.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, n'a pas abordé le sujet de la surtaxe lors de son discours vendredi, une omission qui a surpris certains analystes politiques. Tandis que les groupes LR et Renaissance se sont opposés à un amendement budgétaire (proposant une surtaxe de 6,3 milliards d'euros), les socialistes demandent le maintien d'un niveau de 8 milliards d'euros. Roland Lescure avait déjà plaidé en faveur du retour de cette surtaxe après sa suppression par le Sénat, voyant cela comme un compromis essentiel.
Les discussions se poursuivent, le ministre promettant de fournir des chiffres définitifs dans un délai de 2 à 3 jours. Lescure a également évoqué une augmentation de 50 euros de la prime d'activité, qui bénéficie à plus de trois millions de ménages à revenus modestes, mesure qui a suscité de nombreux commentaires positifs parmi les économistes.
« C'est une décision importante qui montre l'engagement du gouvernement envers la réduction des inégalités », a déclaré un économiste de l'INSEE, soulignant l'impact positif de cette mesure sur les travailleurs au salaire minimum.
La situation budgétaire devient de plus en plus délicate, le gouvernement devant choisir entre le recours à l'article 49.3 ou à une ordonnance pour faire passer le projet de budget sans vote. « Malheureusement, le processus traditionnel de vote est compromis en raison des débats en cours », a ajouté Lescure, insistant sur l'importance d'une décision rapide.
Le gouvernement français se retrouve donc face à un défi majeur, cherchant un équilibre entre la nécessité d'une réforme fiscale et les exigences de soutien aux ménages les plus fragiles. Tout laisse penser que les prochaines heures seront décisives pour l'avenir du budget et des mesures qui y sont associées.







