Une étude récente de Morgan Stanley met en lumière une réalité préoccupante pour le secteur bancaire européen : d'ici 2030, l'intelligence artificielle (IA) pourrait menacer jusqu'à 200 000 emplois, soit près de 10 % des effectifs, notamment dans les sièges centraux et les départements de gestion des risques.
Les établissements financiers, sous pression de leurs investisseurs pour réduire les coûts, s'engagent dans une course à l'automatisation, espérant réaliser des économies significatives. Selon Morgan Stanley, certaines banques rapportent déjà des gains d'efficacité allant jusqu'à 30 % grâce à l'IA et à la numérisation de leurs processus opérationnels.
Des baisses d'effectifs sont déjà en cours : par exemple, la banque néerlandaise ABN Amro prévoit de supprimer un emploi sur cinq d'ici 2028. Dans une interview accordée à BFM Business, Niccolò Ubertalli, directeur général de Crédit Commercial de France, a admis que l'IA avait déjà conduit à des coupes dans les emplois non liés à la clientèle, tout en permettant une amélioration de l'expérience client. « Un processus de crédit immobilier qui prenait auparavant deux mois peut maintenant se faire en une journée », a-t-il souligné.
Il est à noter que la banque suisse UBS anticipe que 2026 sera déterminante pour évaluer l'impact réel de l'IA sur la productivité globale, en particulier pour les banques. Les analystes de Bank of America envisagent également une évolution significative sur les marchés financiers, où l'accent pourrait se déplacer des géants de la technologie vers les entreprises, comme les banques, capables de tirer parti de l'IA pour booster leur productivité.
Cette transition soulève des questions essentielles sur l'avenir des emplois dans le secteur, alors que les établissements financiers exploitent les innovations technologiques pour rester compétitifs. Les défis à surmonter doivent inciter à une réflexion globale sur la manière de préparer les employés aux changements à venir.







