Dans son ouvrage captivant, L'Art des vivres, Valentin Husson transcende le simple plaisir de manger en le reliant à notre humanité. Pour lui, partager un repas est bien plus qu'une nécessité, c'est une expérience essentielle qui façonne nos relations et notre culture. En réinventant le célèbre adage «Ose penser» en «Ose savourer», Husson insiste sur l'importance de goûter à la vie dans toutes ses dimensions.
Le puritanisme philosophique
Husson critique une tradition philosophique qui promeut l'ascétisme au détriment de l'épanouissement sensoriel. Selon lui, pendant près de 2500 ans, la majorité des penseurs ont négligé l'impact de la cuisine sur l'expérience humaine. Avec des figures comme Nietzsche qui dénoncent le mépris de Socrate pour le corps, Husson plaide pour une renaissance de la sensualité dans la philosophie.
La cuisine comme vecteur de diplomatie
Un aspect fascinant de la cuisine est son rôle dans le domaine diplomatique. La "gastrodiplomatie", qui a émergé avec des figures telles que Talleyrand, utilise la gastronomie comme outil pour apaiser les tensions politiques. Des pays comme la Thaïlande investissent dans des restaurants à l'étranger pour promouvoir leur culture culinaire et stimuler le tourisme, montrant ainsi comment la nourriture peut unir les nations.
Un futur écologique pour notre assiette
Dans le contexte actuel, il est indéniable que la cuisine doit également intégrer des valeurs écologiques. Husson rappelle que chaque saison doit être respectée, tant au niveau des ingrédients que des méthodes de production. En réduisant notre consommation de viande, nous pouvons contribuer à la préservation de l'environnement, tout en savourant chaque bouchée.







