Les fervents de jeux vidéo s'étaient inquiétés d'une possible flambée des prix, mais c'est finalement l'absence de disque qui divise les opinions : le très attendu "Grand Theft Auto VI" a donné le coup d'envoi de ses précommandes dans la nuit de jeudi à vendredi, à partir de minuit, pays par pays.
Les précommandes pour ce titre emblématique, qui s'annonce comme le plus grand lancement de l'histoire du divertissement, se déroulent en fonction des fuseaux horaires, débutant en Nouvelle-Zélande puis en Australie et au Japon, avant de toucher l'Europe et le reste du monde.
Treize ans après le succès fulgurant de "GTA V", Rockstar Games s'apprête à marquer les esprits avec ce nouvel opus. Selon l'expert Piers Harding-Rolls, du cabinet Ampere Analysis, il représenterait "le plus grand lancement jamais réalisé, surpassant tous les films, séries et concerts réunis".
Les ventes pourraient atteindre 45 millions d'exemplaires dès son lancement prévu le 19 novembre, affirme la banque Piper Sandler. Après des mois de rumeurs, Rockstar et sa maison mère Take-Two Interactive révèlent un prix aux États-Unis de 79,99 dollars (70 euros), soit dix dollars de plus que le tarif habituel des gros titres.
Une édition spéciale, nommée "Ultimate", sera également proposée à 99,99 dollars (88 euros), comprenant des bonus exclusifs. Ce prix est en grande partie justifié par des coûts de production qui pourraient atteindre jusqu'à deux milliards de dollars et un temps de développement excédant six ans. Andrew Marok, du cabinet Raymond James, souligne qu'"avec son ampleur et l'excitation qu'il suscite, GTA VI est le seul jeu qui pourrait justifier un prix aussi élevé sans provoquer de grandes contestations".
Le tarif français reste à confirmer. Le jeu se vend au Japon pour 9.800 yens (61 dollars), tandis qu'en Nouvelle-Zélande, il est affiché à 140 NZD (84 dollars), avec des prix similaires en Australie.
- Une absence de disque controversée -
Ce nouvel opus de GTA, qui met en scène un duo de criminels inspiré de l'histoire de "Bonnie and Clyde", arrive enfin après une attente de treize ans. Les joueurs sont impatients de découvrir le successeur de "GTA V", qui reste le deuxième jeu le plus vendu de tous les temps avec près de 230 millions d'exemplaires écoulés.
Red Young, un éditeur écossais de 26 ans, exprime son enthousiasme : "C'était parfois difficile de croire que GTA VI devenait réalité. Pouvoir y jouer bientôt, c'est presque un miracle", confie-t-il à l'AFP.
L'enthousiasme est cependant tempéré par des annonces déconcertantes. Rockstar a confirmé que la boîte du jeu contiendrait uniquement un code de téléchargement, rendant impossible l'existence d'une version physique du jeu. "C'est inédit pour un titre de cette ampleur", déclare le créateur de contenu Conkerax sur X. "Quelle déception !"
Deux revendeurs indépendants en Amérique du Nord, Video Games Plus et Loot Box Gaming, ont même annoncé qu'ils ne proposeraient pas le jeu tant qu'une version physique avec disque ne serait pas disponible.
Daniel Ahmad, analyste chez Niko Partners, assure que "l'absence de disque n'est pas étonnante", puisque les ventes numériques représentent environ 80 % sur PlayStation et 90 % sur Xbox. La série GTA, qui a conquis les joueurs par ses reconstitutions audacieuses de villes fictives et sa liberté d'action, continue d'afficher des thèmes controversés liés à la criminalité, suscitant des débats sur son impact auprès des jeunes.







