L'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a récemment émis une directive d'inspection concernant 16 Airbus A380, à la suite de la détection de fissures sur la structure des ailes d'un des appareils. Cette mesure a été confirmée par Airbus, soulignant l'urgence de la situation.
Parmi ces 16 appareils, 15 appartiennent à la célèbre compagnie aérienne Emirates, tandis qu'un est exploité par Qantas, selon un porte-parole d'Airbus. Les inspections des cinq appareils d'Emirates doivent commencer dès mercredi, avant leur mise en service.
Établie à Dubaï, Emirates est le premier client d'Airbus pour les A380, possédant une flotte de plus d'une centaine de ces avions emblématiques. Les fissures, détectées lors d'inspections récentes, pourraient compromettre l'intégrité structurelle des ailes. L'EASA avait averti que les "wing mid spars", ou longerons intermédiaires, sont cruciaux pour supporter les charges de torsion et de flexion sur l'aile.
Airbus va procéder à des vérifications immédiates sur cinq appareils identifiés, tandis que les autres pourront subir des inspections à une date ultérieure, à condition de ne pas avoir effectué leur treizième vol, correspondant à 25 cycles de vol (décollage et atterrissage).
C'est un problème récurrent pour Airbus, qui a déjà dû gérer des difficultés similaires pour son A380, produit entre 2004 et 2021, dont l'assemblage final a eu lieu à Toulouse.
En 2019, l'EASA avait alerté sur des risques similaires pour 25 A380, exigeant une inspection par ultrasons pour les modèles assemblés il y a plus de 15 ans. Précédemment, en 2012, des micro-fissures avaient été signalées sur plusieurs A380, conduisant à un ordre d'inspection global.
Ces incidents ont érodé la réputation du plus grand avion civil au monde. Les estimations des coûts de réparation et de contrôle s'élevaient à environ un million d'euros par appareil, totalisant près de 100 millions d'euros, selon Der Spiegel.
L'avenir de l'A380 semble compromis. En 2019, Airbus a annoncé la cessation de sa production, arrêtée en 2021 en raison d'un manque de commandes. Le programme a été maintenu un temps, avec un rythme de production réduit à un appareil par mois, bien loin des 27 avions produits en 2015.







