L'usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), actuellement en redressement judiciaire depuis fin avril, est en quête urgente d'un repreneur. Ce jeudi soir, les syndicats ont dévoilé un projet ambitieux axé sur un type inédit de pâte à papier, dans l'espoir de prévenir une liquidation.
Une réunion publique s'est tenue le 21 mai au Parc des expositions du Comminges à Villeneuve-de-Rivière, réunissant près de 1 500 personnes à l'appel de la CGT, pour soutenir l'usine.
Depuis le 27 avril, Fibre Excellence traverse une crise aiguë, avec une période d'observation de six mois. L'entreprise ne se contente pas de produire de la pâte à papier ; elle génère également de l'électricité à partir de bois et de copeaux, des matières premières dont le coût a explosé ces dernières années. Ces enjeux financiers ont mis l'entreprise à genoux, son actionnaire indonésien n'envisageant pas d'investissements supplémentaires.
A Saint-Gaudens, 350 employés, dont Christophe, vivent cette incertitude au quotidien : « Nous sommes une quinzaine sur place pour sécuriser le site, le reste est à la maison. Plus ça va, plus on a peur de la liquidation. »
Un projet de relance autour d’un nouveau type de pâte à papier
La CGT a organisé cette réunion pour remonter le moral des troupes et prouver aux employés qu'il existe encore des voies de recours. Le projet présenté vise à implanter la production d'un innovant type de pâte à papier, connue sous le nom de pâte fluff. Selon Sébastien Oustric, délégué CGT à Fibre Excellence, « Cette pâte, de haute valeur ajoutée, est utilisée dans les protections hygiéniques et les alèses médicales, un marché en plein essor avec des prix relativement stables. Pour adapter la production, un investissement d'environ 40 millions d'euros serait nécessaire, chiffre que nous considérons gérable compte tenu de la taille de notre industrie. Le retour sur investissement pourrait se réaliser en seulement trois ans. »
Carlos Tunon, secrétaire général de la CGT Filpac, a évoqué la présence d’au moins quatre ou cinq repreneurs potentiels : « Nous avons identifié des intéressés en Europe du Nord, au Portugal et en Espagne. Ils ont désormais accès à une data room contenant les informations essentielles sur l'entreprise, et s'ils se connectent, c’est un bon signe. »
Un repreneur suédois pourrait être une option sérieuse, tandis que Gascogne Papier, une entreprise landaise, ne serait plus dans la course. Cédric Caubère, secrétaire général de la CGT en Haute-Garonne, a aussi soulevé d'autres avenues : « Cette usine a le potentiel de diversifier ses activités, par exemple la récupération de chaleur pour le maraîchage, comme le font déjà certains pays nordiques. »
Fibre Excellence, qui emploie environ 670 personnes sur ses sites de Saint-Gaudens et Tarascon, représente les deux dernières usines françaises de pâte à papier commercial. Les premières offres de reprise seront examinées le 17 juin, avec un rendez-vous crucial au tribunal de commerce de Toulouse le 3 juin pour juger de la viabilité financière du groupe.







