Ce jeudi, la Commission européenne a modifié de manière significative ses prévisions de croissance pour la zone euro, attribuant ce repli à l'impact du conflit au Moyen-Orient, qui entraîne également une forte inflation sur le continent. L'institution prévoit désormais une augmentation du PIB de seulement 0,9 % dans les 21 pays utilisant l'euro. Pour référence, les estimations en novembre indiquaient une croissance de 1,2 %.
Vers une inflation à 3 %
Les prévisions pour l'Allemagne, première économie de la zone, sont particulièrement pessimistes, avec une croissance désormais attendue à 0,6 %, soit la moitié de ce qui était anticipé. De son côté, la France semble mieux se porter, avec une prévision de croissance revue à 0,8 % au lieu de 0,9 % comme précédemment.
Les révisions pessimistes des prévisions découlent directement de l'augmentation des prix de l'énergie et du pétrole provoquée par le conflit. L'inflation dans la zone euro devrait atteindre 3 % cette année, contre 1,9 % initialement anticipé. Le commissaire à l'Économie, Valdis Dombrovskis, a déclaré : "Le conflit au Moyen-Orient a engendré un choc énergétique significatif, mettant à rude épreuve l'Europe, déjà affectée par un environnement géopolitique complexe." (source : Commission européenne)
Un avenir incertain
Ce diagnostic a été confirmé par les derniers chiffres de l'indice PMI de S&P Global, indiquant une contraction accélérée de l'activité dans le secteur privé. Pour 2027, des espoirs d'une légère amélioration existent, avec une croissance projetée à 1,2 % dans la zone euro, mais cela dépendra de la stabilisation de la situation au Moyen-Orient.
La Commission a également mis en garde contre un potentiel "choc stagflationniste majeur", caractérisé par une faible croissance conjuguée à une inflation élevée. Dans ce contexte, elle encourage les États membres à adopter des mesures budgétaires temporaires ciblées, tout en incitant à réduire la dépendance aux énergies fossiles importées.
"Il est crucial que l'UE tire des enseignements des crises passées en limitant le soutien budgétaire à des mesures temporaires et ciblées, et en accélérant les réformes pour préserver la santé des finances publiques," insiste Dombrovskis.
Pour la France, le déficit public est prévu à 5,1 % du PIB cette année, avec une projection de 5,7 % en 2027, supposant que les politiques demeurent sans changement. Malgré le climat économique difficile, le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, maintient son objectif de ramener le déficit sous 3 % d’ici 2029, grâce à un plan d'économies de 6 milliards d'euros annoncé en avril.







