Les anciens employés de l’entreprise Ferdouel vivent une période difficile. Licenciés provisoirement, ils ont ensuite été réintégrés après le rachat de la structure, mais se retrouvent maintenant sans salaire depuis un mois.
« On se sent abandonnés. » Tels sont les mots de Frédéric Lucas et Anne Depré, chauffeurs, tout comme Hubert Alexis, directeur d'exploitation. Les trois ex-salariés expriment leur désespoir face à la situation actuelle.« On ne sait plus que faire… », ajoutent-ils. Leur entreprise de transports a été liquidée par le tribunal de commerce de Poitiers le 11 mars dernier.« C’était inattendu, nos carnets de commande étaient pleins ! », se souviennent-ils avec amertume.
Une situation désespérée, le silence du gérant
« Le gérant ne répond plus, et nous sommes toujours sans salaire. » Cette frustration est partagée par tous. Le 20 mars, après la fermeture de l'entreprise, ils ont reçu une notification de licenciement à titre conservatoire, suivi d'une promesse d'un contrat de sécurisation professionnelle. Mais à peine une semaine plus tard, la situation a pris un tournant inattendu.
« Le 13 avril, on a reçu une lettre disant que notre licenciement était annulé suite à la reprise de l'entreprise. » Une lueur d'espoir qui s'est vite assombrie. Hubert Alexis raconte : « J'ai eu une visio avec le repreneur et j'ai pensé que ça pourrait fonctionner. Nous avons repris l'activité, mais il y avait des manques : seulement neuf licences pour 36 camions, pas de badges d'autoroute… », cela a entraîné l'arrêt des opérations.
Une annulation de la reprise en cours
Hubert précise : « Nous avons demandé au mandataire de revoir la reprise, mais aucune réponse à ce jour et toujours pas de salaire. » Frédéric Lucas, lui, partage son inquiétude : « Je mange des pâtes depuis trois semaines pour économiser. Je ne sais plus comment faire face à mes dépenses. »
Selon une source proche du tribunal de commerce, « La situation est complexe, et il faudra du temps pour trouver une issue. Toutefois, il y a des indications que la cession pourrait être annulée, ce qui permettrait de réactiver le licenciement et d'ouvrir la voie à des indemnisations. » Pour les 40 salariés concernés, cela représenterait un soulagement bienvenu dans un contexte déjà très lourd.







