Longtemps perçue comme l'alternative économique des TGV, la tarification de Ouigo a connu une hausse vertigineuse. Selon des informations relayées par la Fnaut, le prix moyen des billets a augmenté de 75 % entre 2017 et 2024. Cette montée est significativement plus marquée que celle des TGV Inoui. Décryptage.
Le constat est frappant. Selon la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut), le coût moyen d'un billet Ouigo a grimpé de 75 % en l'espace de sept ans, représentant une hausse de 71 % par kilomètre. Pour mettre cela en perspective, les TGV Inoui ont seulement enregistré une légère augmentation de 8 %, bien en deçà des taux d'inflation, soulignent les équipes de RMC.
Comment expliquer un tel écart ? Lors de son lancement en 2013, la SNCF avait initialement proposé des tarifs très attractifs pour positionner Ouigo comme une option de transport accessible. Cependant, ce modèle a rapidement révélé ses limites en matière de rentabilité, selon les constatations de la Fnaut. Avec l'augmentation de la popularité de la ligne, les prix ont progressivement été réajustés.
Des coûts en hausse et des voyages prolongés
Curieusement, la SNCF défend cette tendance. L'entreprise indique que les trains Ouigo desservent désormais des gares plus centrales et, par conséquent, plus coûteuses, ainsi que des destinations plus lointaines, citant des villes comme Hendaye, Perpignan ou Brest. Des trajets de plus longue distance entraînent naturellement une hausse des tarifs.
Sur le terrain, les voyageurs sont forcés de s'adapter. Nombreux sont ceux qui réservent leurs billets plusieurs semaines à l'avance pour éviter une note trop salée. D'autres préfèrent des départs matinaux afin de profiter des tarifs les plus compétitifs. Il est, cependant, à noter qu'un aller-retour vers le Tarn-et-Garonne peut s'élever à 170 euros, même avec une réservation anticipée de deux mois. En arrière-plan, une mutation de l'offre est en cours : la présence accrue de Ouigo se fait au détriment des TGV Inoui sur certaines lignes. Le low-cost continue de prendre de l'ampleur, mais son avantage tarifaire s'effrite, suscitant un sentiment de désillusion chez les passagers.







