"Tout le monde me prend en photo, on dirait que je suis la cathédrale", plaisante Said, le coiffeur dont le salon au Jardin national à Albi sera bientôt désinstallé.
Depuis 2018, il est devenu une figure emblématique de cet espace, attirant les regards des nombreux touristes, notamment en été.
La fin de cette aventure approche : la ville a décidé de démolir les trois kiosques qui font partie du Jardin, leur état nécessitant une intervention. Deux kiosques ont déjà été supprimés, laissant Said sur la corde raide, sa convention avec la municipalité expirant à la fin de l'année.
Inaugurés en 2000, les kiosques avaient été créés dans l'optique d'animer le cœur de la ville et de proposer de la vente à emporter. Au fil des ans, ils ont accueilli divers commerces, dont un restaurant et une pâtisserie. Cependant, la ville a fait savoir que ces structures étaient désormais vétustes, avec des problèmes d'infiltration et d'autres soucis techniques, comme l’a expliqué un représentant municipal.
Démolitions et réaménagements
Les autorités ont souligné que l’indispensable retrait de ces kiosques est également motivé par la volonté de dégager l'espace autour du Jardin national et de redynamiser l’attractivité de la rue du Docteur-Camboulives.
Aujourd'hui, seul le salon de Said reste en activité. Arrivé de Marseille et fils d’un mineur de Carmaux, il a ouvert son propre salon dans ce cadre atypique, décoré avec goût et agrémenté d'un coin vert. "C'est un endroit original, où tout le monde se sent à l'aise", dit-il avec humour.
Une attraction touristique
Son salon est devenu une véritable attraction pour les passants, nombreux à immortaliser ce commerce sur leur smartphone. "Un photographe a même exposé des images de mon kiosque", se réjouit-il. Cependant, la perspective de devoir quitter cet espace suscite des inquiétudes, notamment sur sa future clientèle.
Said avait réussi à fidéliser des touristes, souvent attirés par l'originalité de son kiosque. Maintenant, il s'interroge sur son avenir, d'autant plus que le loyer des autres locaux en ville pourrait s'avérer plus élevé et moins attractif.
Alors qu'il envisage une semaine de vacances, il se prépare à explorer les options que la ville lui proposera pour un relogement. L’annonce de sa fermeture a provoqué une réaction mélancolique parmi ses clients, émus à l'idée de voir disparaître ce lieu emblématique.







