Les usagers peuvent enfin se réjouir : à partir du 24 janvier, les trains circuleront de nouveau entre Ille-sur-Têt et Villefranche-de-Conflent, dans les Pyrénées-Orientales, après un an et demi d'interruption due à un accident survenu le 24 juillet 2024. Cet incident avait causé des dégâts considérables sur la voie et un pont crucial sur la ligne.
Pour les usagers, la reprise du trafic ferroviaire représente un soulagement immense. Enric Balaguer, représentant des utilisateurs de cette ligne, a exprimé son enthousiasme tout en soulignant les mésaventures passées : « Nous avons perdu du temps. Reconstruire le pont a été mis en avant comme une priorité par rapport à la réouverture de la voie », a-t-il déclaré, ironisant sur les décisions prises. Le pont, qui dessert des exploitations agricoles et une entreprise locale, demeurait au centre d’un conflit entre la mairie, la SNCF, les compagnies d’assurance et les riverains concernant sa reconstruction.
Le samedi 24 janvier s’annonce festif avec la présence du président de la SNCF, Jean Castex, ancien maire de Prades. Sa présence souligne l'importance de la réouverture, car Prades est l'une des gares clés de cette ligne. Tout le monde espère que cela marquera non seulement un retour au trafic habituel mais aussi l'annonce de projets d'avenir.
198 heures « perdues » dans les bus
En effet, cette longue attente a engendré des désagréments significatifs pour les usagers. Balaguer a révélé que les passagers avaient perdu 198 heures à cause des trajets en bus comme alternative. « Beaucoup ont même changé d'emploi à cause des horaires non adaptés », souligne-t-il. Ce dernier a également évoqué un impact environnemental alarmant : « L'absence de train a contribué à une émission supplémentaire de 39 tonnes de CO2 par passager », citant les chiffres de la SNCF.
Bien que la réouverture marque une avancée, le défi n'est pas complètement résolu. Les efforts devront se poursuivre pour le retour à la normale, c’est-à-dire un trafic soutenu de 700 voyages par jour, préalablement à l’accident. Balaguer exprime le besoin urgent de garantir la sécurité des services de train et demande un reclassement de la ligne, passant de « desserte fine de territoire » à « ligne structurante de territoire », pour obtenir un soutien supplémentaire de l'État.
Cependant, malgré l'optimisme ambiant, la CGT Cheminots reste prudente et met en garde : les conditions de fonctionnement, tant en termes de matériel que de personnel, ne sont pas assurées par la direction actuelle. Le risque d'une dégradation future du service reste donc une préoccupation majeure.







