Alors que la dermatose nodulaire a causé des ravages dans les élevages bovins d'Occitanie, c'est au tour de la tuberculose bovine de semer l'inquiétude en Normandie, affectant près de 1 500 bêtes. Cette maladie sournoise, difficile à détecter, compromet gravement l'équilibre des filières laitières.
Les conséquences sont lourdes : abattages, arrêt temporaire d'exploitation, restrictions sur la vente de lait… De nouvelles mesures sanitaires frappent les exploitations de l'Orne, mettant les éleveurs dans une situation périlleuse. Contrairement à la dermatose nodulaire contagieuse, cette fois-ci, la menace provient de la tuberculose bovine, qui est jugée tout aussi préoccupante.
La tuberculose bovine est provoquée par la bactérie Mycobacterium bovis, semblable à celle qui affecte les humains. Bien qu’elle touche principalement les bovins, elle peut également infecter des animaux sauvages tels que les sangliers et les cerfs, augmentant le risque de récurrence de la maladie dans les élevages. Plus inquiétant, son caractère zoonotique signifie que la tuberculose bovine peut être transmise à l'homme, si elle n'est pas surveillée efficacement.
La complexité de la détection de la tuberculose bovine
La nature insidieuse de la tuberculose bovine réside dans sa lente progression. Un bovin peut être porteur sans présenter de symptômes pendant de longs mois, rendant ainsi son identification extrêmement délicate. Les vétérinaires se fient à un test cutané, l'intradermotuberculination, pour déterminer si un animal est infecté. Ce test, complexe et chronophage, implique l'injection d'un extrait bactérien sous la peau de l’animal et requiert un suivi rigoureux. Malheureusement, bon nombre des cas ne sont découverts qu'à l’abattoir, ce qui complique encore plus le contrôle de la maladie.
Impact des foyers de tuberculose sur les éleveurs
Après des années où la France était considérée comme indemne de tuberculose bovine, des foyers ont récemment été détectés, en particulier dans l'Orne. Près de 1 500 animaux ont été abattus ou menacés d'abattage pour contenir la maladie. Le député Jérôme Nury a tiré la sonnette d'alarme dans une lettre adressée à la ministre de l'Agriculture, exprimant ses craintes pour la survie des exploitations laitières, tant industrielles qu'artisanales.
Les autorités peuvent décider d'un abattage total ou sélectif du troupeau en cas de contamination, ce qui génère un stress énorme chez les éleveurs. Comme l’a affirmé un élu, "c'est la destruction d'un travail acharné de plusieurs générations, d’un cheptel soigneusement sélectionné au fil des années".
Dans cette ambiance de tension, le collectif Tuberculose a vu le jour pour soutenir les éleveurs touchés. Leur objectif est de sensibiliser les pouvoirs publics aux protocoles en place, qu’ils jugent inadaptés. "La tuberculose bovine revient chaque année, nous sommes épuisés par cette incertitude", a confié un éleveur au quotidien local Le Figaro.
Les éleveurs, de leur côté, s'inquiètent de l'impact potentiel sur les filières AOP au lait cru, soulignant l'importance de trouver des solutions durables pour éviter une propagation plus large de cette maladie.







