Alors que la France fait face à des températures glaciales, le département de l’Aude a activé son plan grand froid depuis le 3 janvier. En conséquence, les capacités d’hébergement d’urgence ont été augmentées pour répondre à une demande croissante, mais ces efforts semblent insuffisants.
Météo-France a placé le département en vigilance jaune, avant de dégager une alerte orange, enregistrant des températures bien en dessous de zéro. Cette situation engendre des effets importants sur les personnes vulnérables. Selon Jérôme Barcelo, directeur d’Aude Urgence Accueil, les requêtes d'hébergement au 115, le numéro d’urgence, connaissent une forte hausse : "Nous avons doublé le nombre d'appels depuis 2018, atteignant 15 000 par an. Les places disponibles n'ont pas suivi cette augmentation, et nous sommes désormais à 95 % de remplissage en permanence."
Dix nouvelles places d’hébergement d’urgence ont été débloquées dans les centres de Limoux, Narbonne et Carcassonne. Toutefois, ces ajouts restent modestes face à un besoin pressing. Barcelo souligne : "Nous avons seulement 300 places d'hébergement d'urgence, ce qui est largement insuffisant par rapport à la demande croissante." Les personnes sans domicile fixe, notamment les hommes et les femmes en situation précaire, représentent une part significative des demandeurs.
La municipalité de Carcassonne a mis en place des installations temporaires avec 17 lits de fortune, assurés jour et nuit par le personnel municipal et des bénévoles. Comme le rapporte France Bleu, ces initiatives visent à protéger les plus fragiles des conditions climatiques extrêmes. Au-delà de l’accueil physique, des maraudes sont également organisées quotidiennement par la Croix-Rouge, offrant nourriture et vêtements chauds aux plus démunis.
La préfecture a appelé chacun à redoubler de vigilance face à cette situation préoccupante, mettant particulièrement en lumière le besoin d'attention pour les personnes âgées et isolées. En effet, le risque est bien réel, comme l’a évoqué un agent de la Croix-Rouge : "Chaque hiver, c’est une course contre la montre pour sécuriser les plus vulnérables, surtout lorsque le mercure chute aussi bas."
À l'aube d'une crise humanitaire, les services publics et associations sont en première ligne pour lutter contre l'angoisse générée par le grand froid. Le besoin d'un réseau d'hébergement efficace et la volonté d'agir ensemble sont plus essentiels que jamais.







