Malgré l'interdiction des convois de tracteurs édictée par le gouvernement, la Coordination rurale a annoncé son intention de manifester à Paris pour faire entendre les préoccupations des agriculteurs. Cette décision fait suite à une rencontre avec le ministre Sébastien Lecornu, qui a eu lieu le 5 janvier.
Dans plusieurs départements français, des arrêtés préfectoraux interdisent les mouvements de tracteurs jusqu'à jeudi. Cette mesure vise à éviter des blocages dans la capitale, mais cela n’a pas découragé les agriculteurs, qui se disent déterminés à continuer leur lutte. Selon Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, leur message doit être entendu, et ils chercheront à se rassembler pacifiquement à Paris malgré les risques de répression.
Le climat de mécontentement parmi les agriculteurs est palpable, notamment en raison de crises multiples : épidémie de dermatose nodulaire contagieuse touchant les bovins, fluctuation des prix des produits agricoles et hausse des coûts des intrants. Pour beaucoup, la situation est devenue insoutenable, créant un sentiment d'abandon face à un gouvernement qui ne répond pas à leurs attentes.
« Nous ne resterons pas silencieux face à cette situation », a souligné Venteau, précisant que leurs demandes incluent la révision des politiques de lutte contre la dermatose bovine. Les agriculteurs, souvent habitués à des actions spectaculaires, sont prêts à contourner les restrictions, comme l'a illustré Lionel Candelon, président de la Chambre d'agriculture du Gers : « Ce n'est pas un arrêté qui nous arrêtera. Nous utiliserons tous les moyens pour nous faire entendre », a-t-il déclaré.
Dans un contexte où les négociations sur la Politique Agricole Commune (PAC) risquent de créer davantage de tensions, la pression monte. Selon plusieurs experts, cette colère pourrait prendre une ampleur encore plus importante si des solutions concrètes ne sont pas apportées rapidement. Le Monde souligne que les agriculteurs estiment n'avoir reçu que des réponses vagues lors des discussions avec les autorités. Ils pourraient bien se rendre à Paris dès jeudi pour faire entendre leurs revendications et rappeler l'importance de leur rôle dans l'économie française.







