Des centaines de manifestants se sont rassemblés samedi à Bernos-Beaulac, dans la Gironde, formant une chaîne humaine pour exprimer leur opposition au projet de ligne à grande vitesse (LGV) reliant Bordeaux, Toulouse et Dax. Lors de ce rassemblement, qui se voulait pacifique, les participants ont brandi des pancartes revendicatives comme « Patrimoine en danger » ou « Lascaux des arbres et de l’eau », faisant référence à la vallée du Ciron, qui sera impactée par les travaux de la LGV.
Se battre pour la rénovation de l’existant
Les organisateurs soulignent l'inadéquation de cette infrastructures face aux enjeux écologiques actuels. « La canicule et l'abaissement des nappes phréatiques, comme l'abattage d'arbres, nuisent à ce refuge climatique indispensable », ont-t-ils déclaré. Parmi eux, Richard Lavin, 75 ans, membre de l'association LGV NiNa (Ni ici, ni ailleurs), a affirmé : « Notre lutte n'est pas contre le train ou le TGV, mais pour la modernisation des lignes existantes ».
Jacqueline Bloy, 94 ans, a exprimé sa colère, estimant que les priorités devraient être redéfinies face aux défis du changement climatique. Le projet de LGV vise à relier Toulouse à Paris en trois heures et dix minutes d'ici 2032, réduisant également le temps de trajet entre Bordeaux et Dax.
Dans un rapport remis en avril dernier au gouvernement, le Conseil d'orientation des infrastructures a noté que le coût du projet, initialement estimé à 14 milliards d'euros, pourrait augmenter de 20 % en raison de l'inflation. Le financement devrait provenir à 40 % des collectivités locales, 40 % de l'État et 20 % de l'Union européenne. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a récemment déclaré le projet « irréversible », tandis que des sondages géotechniques débuteront en octobre, suite à l'autorisation environnementale obtenue en février dernier.
Les critiques se font entendre, notamment de la part d'élus locaux, qui dénoncent un financement jugé irréaliste à une époque où les ressources de l'État se font rare. La question reste de savoir si le gouvernement saura répondre aux préoccupations environnementales qui se heurtent à l'essor du transport ferroviaire.







