Le prévenu, repoussant des séquelles sérieuses depuis le dramatique accident qui a eu lieu il y a trois ans à Barbaste, a affirmé à la barre, ce vendredi 3 juillet, avoir perdu toute mémoire des événements. Son état, décrit par des experts comme une « atteinte cognitive globale définitive », s'accompagne d'un handicap évalué à 80 % et d'une tutelle imposée à sa mère.
A 21 ans, ce jeune homme, dont l’état de santé a considérablement changé, n’a plus les souvenirs des moments passés avec les deux adolescentes décédées, qui figuraient parmi les passagères de sa voiture lors de cet accident tragique. Ce dernier a eu lieu au retour d'une soirée dans un restaurant, où le conducteur avait passé un moment avec ses amies. Alors qu'il circulait sur une route humide sous un vent violent, il a percuté un platane à une vitesse estimée à 100 km/h, soit le double de la limite autorisée.
Un délit d'homicide involontaire aggravé
Divers témoins avaient observé la voiture filer à toute vitesse, tandis qu’une forte pluie tombait. Le jeune homme avait été verbalisé pour excès de vitesse un mois avant l'accident et, à plusieurs reprises, ses pneus avaient été jugés en mauvais état. « Je n’aurais pas dû prendre le volant. J’ai conscience que je ne mérite pas de continuer à vivre », avoue-t-il en larmes.
«L’insouciance de la jeunesse a laissé place à la dureté de la vie, de la mort »
Les mères des victimes ont témoigné de leur douleur. L'une d'elles partage que son cœur de maman est brisé : « J'ai subi deux AVC depuis l’accident et je ne ressens aucune haine, juste une profonde tristesse ». L'autre se dit en colère, déchirée entre l’adolescent qu’elle connaissait et celui qu'il est devenu après cette tragédie. Son avocat, Me Jean-Christophe Courbis parle d'un « fou du volant », soulignant que cet accident a causé des pertes irréparables pour les familles touchées.
Les avocats des parties citées, faisant écho à la souffrance des familles, ont mis en avant le vide laissé par la disparition des jeunes filles et les conséquences dramatiques de cette irresponsabilité sur la vie de tous. Par ailleurs, Me Lara Tahtah a évoqué la vie que les victimes auraient pu mener, déclarant que la tragédie ne fera que rappeler à chacun la précarité de l'existence humaine. Le procureur a qualifié cet incident d’exemple de « gâchis » et a requis quatre ans d’emprisonnement avec sursis contre le jeune homme et l’annulation de son permis de conduire, avec une interdiction de le repasser pendant dix ans.
Le tribunal a annoncé qu’il rendra sa décision le 3 août prochain.







