Samedi, à Bernos-Beaulac, une impressionnante chaîne humaine a rassemblé des centaines de manifestants pour s'opposer à la ligne à grande vitesse (LGV) reliant Bordeaux, Toulouse et Dax. Cet événement pacifique a pris une dimension particulière avant le début des travaux de défrichement prévus pour octobre.
Les participants exprimaient leur indignation à travers des slogans tels que "Patrimoine en danger" et "Lascaux des arbres et de l'eau", mettant en lumière la vallée du Ciron, un écosystème sensible qui serait affecté par la construction de la LGV. Les organisateurs soulignent que l'impact de la sécheresse actuelle rend la situation encore plus préoccupante, avec un risque accru de déstabilisation des nappes phréatiques.
Environ mille personnes se sont unies, chantant et frappant des tambours, incluant familles, jeunes, élus locaux et professionnels du secteur forestier. Richard Lavin, 75 ans, représentant du collectif LGV NiNa, a précisé : "Nous ne nous opposons pas au train ou au TGV, mais à ces nouvelles lignes. Nous revendiquons plutôt une amélioration des lignes existantes pour le transport régulier des citoyens".
Jacqueline Bloy, une octogénaire engagée, a exprimé son mécontentement : "Ces dépenses sont de l'argent gaspillé. Avec les urgences liées au climat, il est impératif de protéger notre environnement, et la vallée du Ciron est un trésor naturel à préserver".
Le projet de LGV vise à réduire le temps de trajet entre Toulouse et Paris à trois heures et dix minutes d'ici 2032, tout en améliorant l'accès à Dax pour les liaisons vers l'Espagne. Cependant, un rapport commandé par le gouvernement prévoit une augmentation des coûts, estimant le projet à près de 16,8 milliards d'euros.
Récemment, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a qualifié la LGV de projet "irréversible" et a annoncé un financement public alors que de nombreux élus, inquiets des finances publiques, soulignent la nécessité d'aiguiller les fonds vers des secteurs plus urgents tels que l'éducation et la santé.
La controversée autorisation environnementale accordée en février permettra le lancement de sondages géotechniques dès octobre. Olivier Jean, co-président d'Amis de la Terre, a déclaré : "C’est le signal du commencement de ce que nous considérons comme un massacre environnemental, et nous n’allons pas rester les bras croisés".







