Des logements sociaux insuffisants, un habitat dégradé et une pauvreté endémique en plein centre-ville ne laissent guère de répit à Bergerac. Le nouveau maire, Fabien Ruet, aborde ces enjeux cruciaux et propose des solutions constructives pour un avenir meilleur.
Malgré le plan 1 000 logements de votre prédécesseur, Bergerac n’est pas encore aux 20 % de logements sociaux exigés par la loi. Ce taux grimpe bientôt à 25 %. Que comptez-vous faire ?
C’est un défi complexe car chaque nouveau logement nécessite davantage de logements sociaux pour atteindre l’objectif de 20 %. Nous stagions à 17,5 % en 2008 et la tendance n’évolue pas. Pour se rapprocher des 20 %, il faudrait 372 logements sociaux, et environ 1 100 pour atteindre 25 %. Toutefois, la demande se dirige vers des pavillons individuels, ce qui complique la situation. Actuellement, des appartements restent vacants, comme un immeuble récent de 10 logements sur la rue Saint-Michel, mettant en lumière notre problème d'adéquation entre l’offre et les besoins réels.
Le quartier Jean-Moulin fait face à des problèmes d'insécurité et d'incivilité. Est-ce un frein à l’attractivité de Bergerac ?
Il est clair que la création d'un foyer de jeunes au pied de la tour n’a pas apporté les conséquences escomptées. La mixité de peuplement mériterait une revalorisation. Nous prévoyons de lancer une gestion urbaine de proximité pour établir un dialogue avec les résidents et investir dans la présence policière. Nous sommes déterminés à réhabiliter ce quartier pour éviter qu’il ne soit perçu comme abandonné.
« Nos territoires sont en concurrence pour attirer des familles »
Quelles méthodes envisagez-vous pour améliorer la construction de logements neufs ?
Nous mettons fin à des opérations inadaptées, comme l'ex-Sotraco rue Paul-Bousquet, intégré dans une zone pavillonnaire. Les constructions doivent refléter la réalité du marché local. Il est indispensable d'offrir un logement qui respecte les attentes des habitants, notamment dans l'est de la ville, où se concentrent de nombreux emplois.
Le centre-ville, avec ses logements vacants et insalubres, est en détresse. Quelle est votre stratégie ?
Le centre-ville est reconnu comme le secteur le plus pauvre, avec un taux de pauvreté atteignant 43 %. Nous devons repenser la mixité, par l’attraction de familles avec des revenus plus élevés. Pour cela, des projets sont en cours sur l'îlot Bourbarraud, incluant une placette commerciale. Nous voulons remodeler des immeubles indésirables et implanter des logements correspondants aux besoins contemporains.
Et pour les autres défis ?
Il est impératif de récupérer la compétence sur la police de l’habitat, récemment déléguée à l’Agglomération, afin d'introduire un permis de louer d’ici la fin de l’année. Cela permettra de contrôler les conditions de location, et d’agir face aux logements indécents. En parallèle, nous envisageons d’implémenter une taxe sur les logements vacants pour encourager leur occupation.
(1) La société Urbalys est chargée de la gestion et de la construction de logements sociaux à Bergerac.
(2) L’Opah RU propose des mécanismes pour améliorer l’habitat dégradé.







