Le Département et la politique de la Ville ont conduit à ces draconiennes réductions budgétaires, plongeant l'organisation dans une crise sans précédent. Delphine Moytier, la directrice d'Au Fil de l'Eau, souligne ce climat préoccupant : "Chaque mois était synonyme de mauvaises nouvelles. Pour continuer à exister et maintenir nos activités essentielles, la fusion avec Fil et Terre s’est imposée comme la meilleure option, évitant la fermeture totale au 30 juin".
Fil et Terre, qui comptabilise 69 permanents et 230 employés ponctuels à travers 19 établissements, prévoit de maintenir tous les projets et équipes d'Au Fil de l'Eau. La décision de fusion permettra non seulement de préserver les emplois, mais aussi d'élargir l'éventail des services offerts. Matthieu Giovanonne, directeur de Fil et Terre, a également noté que les défis en matière d'insertion demeurent : "Nous avons dû développer des activités en dehors du secteur de l’insertion pour faire face aux baisses de financements, car ce territoire a grand besoin d’initiatives adaptées".
Le rapprochement des deux associations ne sera pas une surprise pour ceux qui connaissent leur histoire commune, enrichie de plusieurs collaborations au fil des ans. "On a déjà travaillé ensemble sur des événements culturels et sociaux. Cette fusion se réalise naturellement", confie Moytier.
Le traité de fusion est actuellement en rédaction, et la transition sera effective dès le 1er juillet 2026. Dans un contexte de coup dur pour de nombreuses organisations de ce secteur, cette initiative témoigne de la résilience et de la nécessité d'innover face à des défis financiers croissants. Reste à voir comment cette union pourra enrichir l'offre d'insertion à Cherbourg-en-Cotentin, tout en s'adaptant aux nouvelles réalités économiques.







