Sept ans après la mort de cinq résidents de l'Ehpad du Lherm, le dossier est à nouveau au cœur de l'actualité suite à une récente décision de justice qui a ébranlé les familles des victimes. Le tribunal de Toulouse a identifié un vice de procédure, annulant ainsi le témoignage d'un expert fondamental, celui qui avait mis en lumière les négligences fatales de l'établissement.
Le choc et la désolation touchent les proches des défunts, comme l'illustre Me Le Bonjour, l'un des avocats des parties civiles : "C'est incompréhensible. Ce témoignage était censé jouer un rôle clé dans l'affaire. Les procédures ne sont pas respectées, et cela suscite beaucoup d'inquiétude pour les familles". En mars 2019, une mystérieuse intoxication alimentaire avait coûté la vie à cinq résidents de cet Ehpad, générant une onde de choc à Toulouse et entraînant la présence sur les lieux d'Agnès Buzyn, l'ancienne ministre de la santé, qui avait promis une enquête rigoureuse. Cependant, en 2026, l'enquête n'est toujours pas achevée, renforçant le sentiment d'inquiétude parmi les familles.
Le dernier rebondissement est l'invalidation d'un témoignage clé : l'expert, technicien chargé d'identifier les manquements, n'avait pas prêté serment. Ce détail, apparemment banal, revêt une importance majeure aux yeux des avocats : "Nous pensions que le papier en question était là, mais il s'est avéré qu'il n'était tout simplement pas signé", souligne Me Raynaud de Lage, ajoutant que cela laisse les victimes dans un flou juridique palpable.
Cette situation est d'autant plus regrettable car l'affaire de l'Ehpad du Lherm a mis en lumière des défaillances systémiques dans le domaine des établissements pour personnes âgées, comme l'indiquent plusieurs rapports d'enquête. "Il est essentiel de tirer des leçons de cette tragédie pour éviter que cela ne se reproduise ailleurs", conclut Me Le Bonjour.
Les avocats mettent l'accent sur la nécessité de retrouver des preuves et éventuellement de réévaluer l'expertise initiale, tout en se questionnant sur la responsabilité de l'État dans ce qu'ils appellent "un naufrage judiciaire". Bien que l'invalidation du témoignage complique la situation, les mises en examen des personnels impliqués restent en cours mais perdues en substance, selon les avocats.
Dans cette quête pour obtenir justice, les familles des victimes ne réclament pas seulement des compensations, mais surtout la responsabilité de ceux qui ont failli à leur devoir de protection et d'assistance.







