Connaissez-vous l'histoire du premier cinéma à Montpellier ? Si je vous parle de « Malevil », cela résonne sans doute comme un écho littéraire pour beaucoup d'entre nous. Ce roman de Robert Merle, publié en 1972, plonge les lecteurs dans un univers de science-fiction où un groupe de Français survit à une explosion d'origine atomique. Rassemblés dans les grottes du château de Malevil, ces survivants entreprennent de reconstruire une société au milieu de la désolation. À l'époque, ce récit abordait des thèmes avant-gardistes tels que le rôle des femmes, la vie rurale, la religion et la politique.
Moins d'une décennie après la sortie de l'œuvre littéraire, l'adaptation cinématographique se met en route sous la houlette du réalisateur Christian de Chalonge. Celui-ci a su s'entourer d'un casting de choix, incluant des acteurs tels que Michel Serrault, Jacques Dutronc, et Jean-Louis Trintignant. Tandis que certaines scènes étaient filmées dans l'Aveyron, la majorité des prises de vue se déroulaient dans l'Hérault, notamment dans le pittoresque village du Caylar, qui, en 1980, a connu une effervescence sans précédent. Chalonge et son équipe ont choisi le lieu situé près du « Rocher du Lion », transformant ce cadre idyllique en un paysage dévasté par une catastrophe nucléaire.
Les habitants, témoins de cette aventure cinématographique, ont contribué de différentes manières, que ce soit en participant aux décors ou en devenant figurants. Les soirées étaient marquées par la convivialité, avec des rencontres au café local. Des agriculteurs de la région ont même été mobilisés pour cultiver de petits lopins de terre, apportant leur touche à cette production. L'engouement était tel que de nombreux spectateurs venaient assister aux scènes se déroulant en extérieur, attirés par la présence de ces vedettes emblématiques de l'époque. Toutefois, le tournage n'a pas été sans aléas, puisque des chutes de neige inattendues en octobre ont perturbé le programme des prises de vue.
Saint-Thibéry a également servi de toile de fond pour certaines séquences du film, notamment avec les paysages impressionnants des Monts Ramus ajoutant une dimension post-apocalyptique au récit.
Hélas, il ne reste aujourd'hui que peu de traces de ce tournage dans l'Hérault. Au Caylar, le décor de Malevil a été ravagé et pillé au fil des années. À peine un vestige d'une tour et un drapeau flottant témoignent encore du passage du film.







