Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, soutient que la durée idéale des vacances d'été devrait se limiter à "quatre à six semaines" pour éviter aux élèves de perdre trop de leurs acquis. Ce débat, reporté à 2027 suite à la présidentielle, va au-delà des simples chiffres.
Emmanuel Macron, souvent en faveur d’un raccourcissement des vacances, évoque des implications spécifiques pour les élèves moins favorisés. "En éducation prioritaire, la période estivale de un à deux mois équivaut à une perte d'environ un mois d'apprentissage", a déclaré Geffray lors d'une interview à RTL. Il ajoute, citant des données à l’appui : "Vous récupérez vos enfants avec le niveau qu'ils avaient le 30 mai, au lieu du niveau du 30 juin." Cela soulève la question : vrai ou faux ?
Les recherches à ce sujet ne sont pas unanimes. Si certaines montrent un lien entre vacances prolongées et baisse de connaissances, d'autres études, tant françaises qu'internationales, débattent des effets réels et des méthodologies utilisées.
Un siècle de questionnements
La problématique de la perte de connaissances durant les vacances scolaires est un sujet de réflexion pour les chercheurs depuis plus de cent ans. Le pionnier William F. White a été parmi les premiers à documenter cela en 1906. Il a observé que ses élèves avaient, après les vacances d'été, un taux d'erreurs accru lors des examens de fin d'année. White concluait alors que ce sont "les notions moins vitales qui s'oublient rapidement".
Des études américaines, anglaises et suédoises ont par la suite approfondi ce concept de "summer learning loss". Une étude, évaluée en 1996, affirmait que la perte de connaissances estivale était équivalente à un mois, ce qui semble corroborer les affirmations du ministre Geffray.
Cependant, des recherches plus récentes, telles que celle de l’Université de Glasgow en 2022, notent que l’ampleur de cette perte varie et peut même dépendre des méthodes d'évaluation. "Les inégalités apparaissent plus comme un reflet de la manière dont les capacités des enfants sont mesurées que d'une réelle détérioration de l'apprentissage", conclut leur étude.
Une étude récente menée en France par la Direction de l'évaluation du ministère de l'Éducation nuance également la question. Elle a suivi 20 000 élèves et noté que "les vacances scolaires semblent accroître les écarts de performances" entre différents secteurs scolaires, et pire encore pour les élèves en situation précaire.
Des résultats à confirmer
Cette étude révèle que le niveau en mathématiques stagne, voire diminue, pour plusieurs groupes d'élèves. En matière de français, les résultats s'améliorent généralement pendant l'été, bien que des disparités demeurent. En outre, les résultats montrent un écart entre les performances des garçons et des filles, renforcé par les périodes de vacance.
Cependant, les conclusions doivent être prises avec précaution. Réalisée sur un seul cohort durant l'année scolaire 2020-2021, marquée par la pandémie de Covid-19, cette recherche nécessite des études complémentaires sur divers niveaux et années scolaires pour établir des recommandations plus précises.







