Pour la prochaine élection municipale de 2026, Sophia Chikirou, candidate de la France Insoumise à la Mairie de Paris, a lancé un « emprunt solidaire » visant à collecter 100.000 euros pour sa campagne. Les électeurs sont invités à prêter leur argent à taux zéro, avec un remboursement prévu sous 18 mois. Selon des informations de 20 Minutes, ce procédé, bien qu'encore en cours de démocratisation, pourrait redynamiser la démocratie en mobilisant des personnes qui n'ont pas les moyens d'effectuer des dons substantiels.
"Vous nous prêtez, nous menons campagne et nous vous remboursons", résume l'équipe de Chikirou. Cette approche, qui s'oppose à la recherche de financements par le biais de grandes fortunes, souligne l'inclusivité de son projet. En effet, l'emprunt solidaire a été légalisé depuis 2017, permettant aux candidats de solliciter des prêts sous certaines conditions, la principale étant que le taux d'intérêt doit être compris entre zéro et le taux légal.
La pratique en pleine évolution
Bien que cette méthode de financement ait généré près de 4,9 millions d'euros lors des élections municipales de 2020, elle reste largement sous-utilisée, se concentrant principalement autour des proches des candidats. Pour Mathilde Haas, avocate spécialisée en droit public, cette nouvelle forme de financement pourrait donner aux candidats moins fortunés l'opportunité de se faire entendre. "Cela rend la campagne plus accessible", explique-t-elle.
L'influence de l'argent sur les élections
Des experts comme l'économiste Julia Cagé notent que les coûts d'une campagne électorale ont un impact direct sur ses résultats. En moyenne, plus un candidat dépense, plus ses chances de succès augmentent, un constat que l'on pourrait vérifier lors des prochaines élections. Toutefois, seulement 0,79% des Français soutiennent financièrement les partis politiques, ce qui pose la question de l'égalité des chances dans ce milieu.
"De petits prêts entrepris par les citoyens peuvent redonner du pouvoir aux électeurs", indique Pierre, un analyste politique. Il croit fermement que cette pratique pourrait inciter d'autres candidats à envisager des approches similaires, brisant ainsi le cercle isolant des grosses contributions financières des proches ou des bailleurs traditionnels.
Chikirou n’est pas la première à capitaliser sur ce concept ; d'autres formations, comme La France Insoumise, ont utilisé des emprunts lors des élections passées. Pour l'heure, cette nouvelle forme de financement politique pourrait bien changer la donne, en permettant à davantage de voix de se faire entendre.
Avec l'essor de l'emprunt solidaire, la démocratie pourrait bien se rapprocher de ses citoyens, redonnant ainsi un sens à l'engagement politique. Est-ce le début d'une véritable transformation du paysage électoral français ? Seul le temps nous le dira.







