Une étude menée par l'association SOS Racisme a révélé des pratiques inquiétantes dans le secteur immobilier, où près de la moitié des agences consultées sont prêtes à accepter des critères de discrimination raciale pour la sélection des locataires.
Au cours de cette enquête, 198 agences immobilières, représentant dix grandes enseignes, ont été contactées. Les militants se sont fait passer pour des propriétaires souhaitant sélectionner des locataires en se basant sur des critères raciaux, évoquant des “profils européens” pour éviter d'éventuels problèmes de voisinage.
Des agents immobiliers prêts à enfreindre la loi
Les résultats sont alarmants : 96 agences ont explicitement accepté de poster des annonces discriminatoires, soit en choisissant elles-mêmes les locataires sur des critères raciaux, soit en permettant au propriétaire d'effectuer cette sélection. Les enregistrements des conversations révèlent que certains agents connaissent la légalité douteuse de leurs actions, mais continuent d'inventer des excuses pour justifier leur comportement.
"En tant qu'agence immobilière, je ne peux pas refuser l'accès à un logement en raison de la couleur de peau ou de l'ethnie, mais je peux toujours trouver un moyen de rejeter un dossier", déclare un agent.
Heureusement, une majorité des agences interrogées, soit 102 au total (51,52 %), ont clairement exprimé leur opposition à toute forme de sélection raciale, bien que le chiffre demeure insuffisant pour rassurer face à l'ampleur du problème.
Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a déclaré : "Nous faisons face à des professionnels qui, par leur comportement, exacerbent les discriminations envers des groupes comme les personnes d'origine maghrébine ou subsaharienne, rendant leur accès au logement d'autant plus difficile." Cela conclut que des siècles de bataille contre le racisme semblent encore inachevés.
Des résultats stables dans le temps
Cette dynamique n'est pas nouvelle. En 2018, une enquête similaire avait révélé que les candidats d'origine maghrébine ou subsaharienne avaient entre 50 à 55 % de chances de voir leur dossier accepté par rapport à un candidat blanc. Les résultats de ce nouveau testing suggèrent que peu de progrès a été réalisé. Le Parisien rapporte les propos inquiets de Sopo sur la stagnation de la situation.
Les conséquences de cette discrimination sont vécues au quotidien par de nombreux locataires. Sophie, d'origine algérienne, témoigne de ses difficultés à trouver un logement malgré un emploi stable et un revenu assuré. "Dès que j'envoie mon dossier, c'est le silence radio", confie-t-elle à BFMTV.
"Ils savent que mon dossier est solide, mais je n'ai jamais de retour après."
En réaction à cette étude, la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) a qualifié ces comportements d'inadmissibles et a appelé à une meilleure formation des agents pour prévenir de telles discriminations.
Face à cette problématique persistante, Aurore Bergé, ministre chargée de la lutte contre les discriminations, a annoncé l'instauration d'une formation obligatoire pour tous les professionnels du secteur immobilier. "Ce décret sera publié sous peu", a-t-elle indiqué sur TF1, soulignant l'engagement de la Fnaim avec SOS Racisme pour avancer sur ce dossier important.







