François Dubet, aujourd'hui une figure incontournable de la sociologie française, a grandi à Périgueux dans une famille modeste. Ce parcours atypique est devenu un sujet de discussion lors de ce Grand Oral, où les étudiants se sont intéressés à son expérience de « transclasse ». Il a répondu avec une simplicité désarmante : « Je ne suis pas un héros. J’ai plutôt bénéficié de l’ouverture des portes du système entre 1945 et 1965. » Dubet souligne que le changement de classe sociale est plus un reflet de la structure sociale qu'un exploit personnel. Il évoque la douleur du mépris de classe, révélant que ce sentiment provient d’une identification aux jugements d’autrui.
Son discours est bien plus qu’une simple autobiographie. Dubet considère que son histoire croise celle de nombreux Français d'après-guerre. Il rejette l’idée selon laquelle la transition de classe serait un parcours héroïque, soulignant que l’ascenseur social est avant tout une question d’opportunités.
Formidable orateur, Dubet s'emploie à transmettre son savoir tout en offrant une réflexion profonde sur le rôle de la sociologie dans notre quotidien. Interrogé par une étudiante sur l’utilité de sa discipline, il répond : « La sociologie permet de définir les inégalités, d’éclairer les mécanismes sous-jacents, surtout face au vote de la classe ouvrière pour l’extrême droite. »
Définir les problématiques sociales
Ce grand penseur considère que le véritable mérite va au-delà des diplômes. À propos de la méritocratie, il dénonce une vision étroite qui ignore d'autres formes de mérite : « L’égalité des chances est un sport où seuls les meilleurs triomphent, laissant les autres humiliés. Une personne, même sans diplôme, peut avoir un discours qui résonne auprès des électeurs. » Cette assertion souligne le péril de mépriser ceux qui ne réussissent pas dans ce cadre compétitif.
François Dubet pourrait se positionner comme une boussole dans le débat actuel, offrant un éclairage fondamental sur les enjeux de classe en France. Son analyse souligne l’importance de reconnaître les divers parcours et mérites, appelant à une ouverture d’esprit pour appréhender les dynamiques sociales dans un monde en constante évolution.







