Ce mardi, Marine Le Pen, ancienne présidente du Rassemblement National (RN), est revenue devant la cour d'appel pour le procès des assistants européens. Cette audience porte un poids énorme, non seulement pour elle mais aussi pour l'avenir politique du mouvement d'extrême droite en France.
La salle du tribunal, ornée de hauts plafonds et de fenêtres majestueuses, a vu défiler des figures politiques connues, témoins de l'importance de ce procès. En mars dernier, Le Pen et plusieurs de ses collaborateurs avaient été reconnus coupables d'un système de détournement des fonds du Parlement européen entre 2004 et 2016, entraînant une condamnation à deux ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité.
Alors que le procès en appel se déroule, la question se pose : Marine Le Pen pourra-t-elle se représenter à la présidentielle de 2027 ? Pour la politologue Dominique Reynié, cette situation pourrait être déterminante pour le futur du RN. « Une condamnation confirmerait une fragilité historique au sein du parti », affirme Reynié.
Le Pen, lors de sa prise de parole, a modéré son discours comparé à ses précédentes interventions. Plutôt que de rejeter les accusations, elle a plaidé la non-intentionnalité, insistant sur le fait qu'« aucun délit n'a été commis » de son point de vue. Elle a déclaré : « Si un délit a été commis, nous n'avions pas conscience de violer la loi lors de l'embauche de ces assistants, dont les responsabilités étaient claires. »
Les autres co-prévenus ont également choisis un ton similaire, adoptant une stratégie de défense collective. Louis Aliot, ancien compagnon de Le Pen, a noté qu'il aurait l'occasion de clarifier ses propos dans les jours à venir, tandis que Julien Odoul, député RN, a exprimé son désir d'être compris par le tribunal.
Le procès attire l'attention des médias, avec près de quatre-vingts journalistes accrédités, parmi lesquels de nombreux représentants de la presse internationale. Ce grand intérêt souligne le rôle central de Le Pen dans le paysage politique actuel, contrastant avec le précédent procès de Nicolas Sarkozy, qui avait reçu moins de couverture médiatique.
Dans ce climat tendu, l'issue de ce procès en appel pourrait redéfinir non seulement l'avenir de Marine Le Pen, mais aussi celui du RN. Les implications d'une éventuelle condamnation pèsent sur la démocratie française et sur les perceptions des partis politiques par le grand public.







