La situation économique en France est de plus en plus préoccupante, notamment pour les chefs d'entreprise. Patrick Martin, président du Medef, a récemment dénoncé un « climat politique délétère » qui pèse lourd sur les décisions d'investissement. Alors qu'il se rendait en Sarthe et en Mayenne, il a exprimé son désarroi face à la réduction des aides à l'apprentissage, soulignant l'importance de soutenir la jeunesse dans leur formation et leur logement. « Quelle place accordons-nous aux jeunes ? Ils incarnent l'avenir », a-t-il déclaré.
Actuellement, les entreprises françaises semblent prendre des mesures de précaution drastiques face à une instabilité palpable. Malgré un investissement récent de plusieurs millions d'euros par Martin pour créer des emplois dans son groupe, il admet qu'il hésiterait désormais à entreprendre une telle opération dans le climat actuel. Maxime Tual, un autre entrepreneur, a déjà décidé de repousser la construction de son siège social, affichant son mécontentement d'une manière frappante : « On ne redresse pas la France en affaiblissant ceux qui la font vivre ». Selon lui, l'absence d'un cadre législatif stable contribue à la méfiance des chefs d'entreprise.
Bien que les prévisions de croissance pour 2026 soient modestes, avec une estimation d'environ 1%, cela ne suffira pas à lutter contre l'augmentation incessante de la dette, qui croît de 70 milliards d'euros chaque trimestre, comme l'a souligné Patrick Martin. Des experts comme Patrick Artus, dans une récente chronique pour Le Monde, mettent en garde contre la nécessité de réformer le système éducatif pour garantir une croissance durable et éviter l'asphyxie économique.
Au fil des jours, l'énervement des chefs d'entreprise évolue vers une colère palpable, comme l'a noté Caroline Hilliet-Le Branchu, PDG de la Belle Iloise. Elle souligne que certaines entreprises, bien établies, commencent à ressentir les effets d'une fiscalité écrasante et de normes réglementaires contraignantes, évoquant une « économie empêchée ». Pour elle, ne pas sacrifier l'industrie est essentiel. Loïc Hénaff, président du directoire de Jean Hénaff, partage ce sentiment, arguant que la relocalisation d'une partie des achats pourrait revitaliser l'économie, tout en diminuant les émissions de CO2.
Selon le dernier baromètre des dirigeants d'entreprise d'Eurogroup Consulting, l'instabilité est désormais perçue comme la norme. Dans ce climat international tumultueux, 68 % des acteurs économiques considèrent la souveraineté économique comme une priorité absolue, malgré le sentiment que les mesures prises par les gouvernements, tant français qu'européens, sont insuffisantes.







