L'antenne locale de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) dans le Pays royannais ne recevra pas la subvention de 500 euros qui lui était habituellement accordée. Ce choix, opéré par la majorité municipale de droite, n'a même pas été soumis au vote lors du conseil municipal du 29 mai, une omission saluée par les élus du Rassemblement national, qui voient là une victoire dans leur position ostensible contre toute aide publique à cette association.
Les élus de l'opposition, en particulier ceux du Rassemblement national, se sont réjouis de cette décision qui semble refléter un rejet systématique des valeurs défendues par la LDH, jugée « politisée ». La mairie, sous la direction du maire Patrick Marengo, membre des Républicains, a choisi de ne pas inclure la LDH dans les subventions proposées aux autres associations, un sujet dont ils se sont efforcés d’écarter dès le début des discussions.
Des perspectives manquées pour les droits humains
Patrick Marengo a justifié ce choix en indiquant que les positions récentes de la LDH ne concordaient pas avec l'esprit d'une association qu'il envisagerait de soutenir. « Les orientations prises par la Ligue à l’échelle nationale ne s’harmonisent plus avec les principes que nous souhaitons promouvoir », a déclaré le maire. Toutefois, cet avis a été contesté par Jacques Guiard, conseiller de gauche, qui a plaidé pour une reconsidération de cette décision, soulignant l’importance du rôle éducatif de la LDH dans les écoles pour sensibiliser les jeunes aux droits humains.
« Bien que la LDH ait des positions politiques claires, elle joue un rôle essentiel dans l'éducation à la citoyenneté. Discriminer une association en fonction de ses croyances ne semble pas compatible avec nos valeurs républicaines», a-t-il argumenté devant ses collègues, un plaidoyer resté sans réponse.
Traditionnellement, la Ligue des droits de l'Homme bénéficiait d'un soutien financier dans le cadre de ses activités, notamment au travers de programmes d'éducation des collégiens et d'événements tels que des salons du livre. Tous ces efforts visent à sensibiliser la jeunesse aux enjeux de société et aux droits de l'Homme.
Ce choix de la municipalité de Royan soulève des questions sur l'avenir du soutien public aux organisations qui défendent les droits fondamentaux, particulièrement dans un contexte où les tensions autour des mots et des idées sont palpables. Alors que la LDH se positionne comme un acteur majeur de la défense des droits humains, la question de son financement public au niveau local se retrouve au cœur des débats politiques.







