Stop aux querelles politiques : la protection de l'enfant avant tout

Face aux violences dans les écoles, la loi doit primer sur les luttes partisanes.
Stop aux querelles politiques : la protection de l'enfant avant tout
Aude Ferbos, éditorialiste à « Sud Ouest ». © Crédit photo : Thierry David / SO

En France, est-ce que le concept d'intérêt supérieur de l'enfant continue de porter du sens? Les députés se penchent sur cette question cruciale lors de l'examen, ce lundi 1er juin, de la proposition de loi post-Bétharram à l'Assemblée.

La volonté de mettre fin aux abus graves dans le cadre scolaire fait consensus à l'heure actuelle, surtout après le premier procès d'un animateur accusé d'agressions sexuelles dans un établissement du 11e arrondissement de Paris. Le climat est très sensible; les récents scandales autour des violences scolaires ont mis en lumière les défaillances de l'État et la nécessité d'une réforme en profondeur.

La proposition de loi, qui vise à inscrire dans le Code de l'éducation l'interdiction des châtiments corporels, est présentée comme un premier pas vers une législation plus protectrice des enfants. La députée Violette Spillebout, co-rapporteuse du texte, a affirmé que son objectif est de garantir la sécurité et le bien-être des enfants dans les établissements scolaires.

Malgré un large soutien, des tensions persistent. En effet, alors que la protection des jeunes ne devrait pas être une question partisane, des dissensions internes sont apparues, notamment lorsque Gabriel Attal a refusé de programmer l'examen du texte avec les signataires d'autres partis. Cela a nécessité une version expurgée du texte, suscitant des critiques de la part de plusieurs députés.

Le Rassemblement National, par l’intermédiaire de Roger Chudeau, a dénoncé cette approche comme une « attaque brutale et anticléricale » envers certaines traditions.

Les enjeux de cette loi sont cruciaux. Des mesures, comme le renforcement des contrôles sur les établissements privés ou la levée du secret de la confession en cas de violences sur mineur, pourraient s'avérer essentielles pour protéger les enfants. Cependant, le temps imparti pour discuter ces mesures est très limité, ce qui pourrait compromettre leur adoption effective.

Il est impératif que les députés mettent de côté leurs querelles partisanes et se concentrent sur l'intérêt supérieur de l'enfant. Les voix des experts et des parents doivent également être entendues pour garantir que cette loi devienne une protection tangible. Si la priorité n'est pas donnée à la sécurité des enfants, il sera temps de réévaluer la capacité de l'État à les protéger adéquatement.

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