C'est une page douloureuse de l'histoire que la ville de La Rochelle refuse d'oublier. Dans un contexte où plusieurs municipalités annulent leurs cérémonies du 10 mai, La Rochelle réaffirme son engagement à transmettre la mémoire de l'esclavage. Ce dimanche matin, près de 200 personnes se sont réunies malgré la pluie sur la promenade Aimée Césaire, près du casino, pour honorer les victimes de la traite négrière.
La cérémonie a été marquée par des percussions du Rochelais Ablaye Mbaye et de ses élèves, imprégnant l'événement d'une ambiance à la fois émotive et résonnante. "La Rochelle a bâti sa prospérité sur le commerce triangulaire", affirme Sophie, une intervenante qui prône un changement de mentalité face aux séquelles du colonialisme.
Les discours de commémoration ont également été portés par deux collégiennes, Kariella et Koumba, qui ont partagé leurs réflexions poignantes sur l'héritage de l'esclavage. "Nous nous souvenons des traversées du silence de l'océan chargé de cris étouffés", ont-elles écrit, soulignant l'importance de ne pas oublier cette période tragique.
Les voix des jeunes pour une mémoire active
Les adolescentes, ayant déjà fait l'expérience du racisme à leur âge, ont rappelé que l'écho du passé se fait encore sentir aujourd'hui. "Il y a toujours une forme de racisme, toujours quelqu'un pour vous faire ressentir une différence", ont-elles insisté.
Albaye Gueye, adjoint au maire en charge des droits de l'homme, a soutenu qu'il est primordial de poursuivre le combat pour l'égalité réelle entre tous. Dans le même esprit, Fatou, une participante d'origine sénégalaise, a exprimé que le plus grand crime serait d'oublier cette histoire, qui concerne l'humanité entière.
La cérémonie a aussi donné la parole à d'autres élèves, comme Marie-Claire, qui ont affirmé leur volonté d'intégration et de vivre ensemble avec amour. "C'est l'amour qui compte", a-t-elle proclamé, transmettant un message d'espoir et de solidarité.
Au-delà des festivités, ces commémorations revêtent une signification profonde pour La Rochelle. Elles constituent un rappel vital de l’histoire et une plateforme pour faire entendre les voix de ceux qui ont été réduits au silence, un engagement pour l'avenir contre toutes formes de discrimination.







