Isabelle Assih, la maire PS de Quimper, s'exprime face au harcèlement dont elle et son époux font l'objet suite à sa décision d'annuler un banquet du « Canon français » dans sa commune. Cette décision a déclenché une vague d'agressions verbales en ligne, et l'élue a décidé de porter plainte.
« Une femme, socialiste, et présidente ne devrait pas être la cible de tels abus », témoigne l'élue. D'après Ici Breizh Izel, elle et son mari estiment qu’il est crucial de réagir. « On ne peut pas tenir des propos racistes ou menacer qui que ce soit impunément » ajoute-t-elle dans un échange avec la presse locale.
Le Canon français, connu pour ses banquets ancrés dans une éthique de « terroir », a suscité des doutes d’un point de vue moral, souvent envahis par une ambiance qui ressemble à une reconstitution nostalgique de la France d'antan.
Pierre-Alexandre de Boisse, co-fondateur de l’événement, a déclaré à l’AFP qu'il ne s’agissait pas d’un message politique. Pourtant, ce type de rassemblement semble devenir un espace privilégié pour l’extrême droite, attire une audience qui adopte une attitude ambivalente face à des discours parfois ouvertement radicaux, comme l’a rapporté France Inter.
L'annulation du banquet s'est faite sur la base des témoignages d’un autre événement à Caen, documenté par L'Humanité, qui ont été corroborés par des témoignages de locaux. En tant que présidente de Quimper-Bretagne occidentale, Isabelle Assih explique avoir agi dans l’intérêt public.
« Depuis l’annonce, j’ai été confrontée à une multitude de menaces et de remarques diffamatoires sur les réseaux sociaux », a partagé Isabelle Assih sur son compte Facebook. Elle a eu le soutien de plusieurs personnalités politiques, y compris Annaïg Le Meur, députée LREM, qui a qualifié ces attaques d'une « profonde ignominie ».
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a également apporté son soutien, bien qu'il précise que l’interdiction des manifestations demande des preuves de risques d’ordre public, auxquels il affirme être attentif. En revanche, le président de la République n’a pas encore pris la parole sur cet incident, soulevant des interrogations sur l'engagement du gouvernement envers la sécurité des élus.







