Le Conseil d'État a examiné mercredi plusieurs recours déposés par le syndicat Sud, la CGT, ainsi que des députés écologistes. Ces recours visent à suspendre la décision de Sébastien Lecornu, autorisant les employés volontaires des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai 2026.
Proposée mi-avril par le Premier ministre, cette mesure d'urgence intervient après un recul de l'exécutif concernant une loi controversée visant à élargir le travail le 1er mai. Cette proposition avait provoqué une forte levée de boucliers des syndicats, menant à d'éventuelles menaces de censure contre le gouvernement. Lecornu a par la suite décidé de retarder l'examen de cette loi.
Les recours en référé contestent précisément certaines formulations du communiqué gouvernemental émis le 17 avril, notamment celles qui évoquent une "tolérance administrative" dans la régulation du travail le 1er mai. Selon les requérants, ces affirmations pourraient être néfastes pour les droits des travailleurs, tandis que le gouvernement réfute cette interprétation. Les représentants de l'exécutif affirment qu'aucun cadre juridique n’a été altéré concernant cette journée symbolique.
À la suite de l’audience, les membres du gouvernement ont retiré le communiqué initial en faveur d’un nouveau texte, censé "clarifier" leur position. Ce dernier stipule clairement que les boulangeries-pâtisseries et les fleuristes artisanaux sont encouragés à continuer leurs activités habituelles le 1er mai. La question demeure de savoir si ce changement dans la communication peut véritablement annuler l'effet de la première déclaration, comme l’a soulevé le juge des référés.
Le Conseil d'État doit rendre sa décision d'ici vendredi, période pendant laquelle les tensions demeurent palpables. Les syndicalistes, eux, continuent de dénoncer l'absence de clarifications utiles et mettent en avant les témoignages de salariés qui, selon eux, ont déjà subis des pressions pour travailler le jour de la fête du travail.
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a quant à lui affirmé n'avoir donné aucune instruction aux inspecteurs pour que ceux-ci ignorent les violations possibles des droits des travailleurs par les employeurs. Il fait appel à une "intelligence collective" en attendant le vote d'une potentielle nouvelle loi sur cette question délicate.
La décision du Conseil d'État promet d'avoir des répercussions significatives sur le débat autour du travail le 1er mai, un sujet qui préoccupe vivement à la fois les syndicats et le gouvernement.







