Une récente étude par une journaliste du quotidien libanais L’Orient-Le Jour s’est penchée sur les chaînes et radios affiliées au Hezbollah, telles qu’Al-Manar et Al-Nour, ainsi que sur la chaîne panarabe pro-iranienne Al-Mayadeen. Ce panorama révèle une stratégie de communication complexe, où la propagande iranienne est habillée d’un vernis patriote.
Dans une séquence diffusée sur Al-Manar, un homme reçoit un appel masqué. À l’écran, une instruction : “Ignorez-le pour votre sécurité.” Bien que cela puisse sembler être une campagne de prévention, il s’agit en réalité d’un outil de propagande visant à rassurer et mobiliser les soutiens du Hezbollah au sein d’un conflit persistant avec Israël.
Ces appels, envoyés par des opérateurs israéliens à des citoyens libanais, notamment chiites, créent un climat de psychose, incitant à la prudence et à la résistance. Le Hezbollah utilise alors son puissant appareil médiatique pour contre-attaquer.
En effet, le dispositif médiatique du parti de Dieu ne se contente pas d’informer ; il impose une ligne de conduite. Amel Saadé, analyste politique, souligne que cette approche est essentielle pour contrer un ennemi qu’ils désignent comme menaçant.
Marquer des points dans la guerre des récits
En pleine transition, les médias du Hezbollah cherchent à garder une emprise sur leur audience. La dynamique a changé depuis la mort de Hassan Nasrallah, ancien leader charismatique du mouvement, remplacé par un Naïm Kassem jugé moins charismatique. Cette transition a mis en lumière une ruée vers le soutien international illustrée récemment par des manifestations à Paris et à Londres en faveur de la résistance libanaise.
Chaque chaîne reste ancrée dans ses thématiques habituelles avec des discours sur la dignité, l’honneur, et les ennemis sionistes, arrosés d’un format répétitif tel un “disque rayé”.
Un contexte partial
Dans un paysage médiatique dominé par des projections partisanes, les quelques chaînes indépendantes peinent à rivaliser. Aux yeux de nombreux libanais, l’information diffusée par les médias de la résistance, loin d’être neutre, reflète des intérêts particuliers. Les intervenants, tels que le député du Hezbollah Hassan Fadlallah, et d’autres figures politiques, renforcent cette vision en offrant une image unique qui évacue toute forme de contradiction.
Ces narrations souvent idéalisées se poursuivent avec une série de commentaires sur l’unité et l’indépendance, alors qu’un discours empreint de menace évoque les agents étrangers comme boucs émissaires. Valeurs de résistance et appels à la mobilisation sont omniprésents.
Un dernier message diffusé par le leader yéménite Abdel Malek El-Houthi sur Al-Manar comme une proclamation d’allégeance à la lutte contre Israël, rappelle le trapèze idéologique qui lie ces mouvements par-delà les frontières. Il déclare : “Dieu est grand. Mort à l’Amérique, mort à Israël.”
Cette propagande, bien que décomplexée, ne doit pas faire oublier le terreau local qu’elle exploite. Le Hezbollah, à travers ses espaces médiatiques, continue ses efforts pour structurer un discours uni et mobilisateur face à un dilemme géopolitique complexe.







