Le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre britannique, Keir Starmer, ont convoqué une conférence à Paris ce vendredi 17 avril. Ce sommet rassemblera une "trentaine de pays" dans le but de coordonner une mission destinée à sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz, conditionnée par le renforcement du fragile cessez-le-feu irano-américain.
Cette rencontre mettra en lumière non seulement Macron et Starmer, mais aussi des figures telles que le chancelier allemand, Friedrich Merz, et la Première ministre italienne, Giorgia Meloni. D'autres participants, issus de divers continents, participeront par visioconférence, a précisé l'Élysée.
Le format de cette réunion rappelle fortement celui de la coalition des volontaires pour l'Ukraine, et débutera à 14 heures, suivie d'une déclaration conjointe.
La liberté de navigation à Ormuz est "une priorité immédiate"
Déjà le 9 mars, Emmanuel Macron évoquait une mission pour accompagner la réouverture du détroit dès que les hostilités cesseraient. La France et le Royaume-Uni ont commencé la planification avec les pays désireux de s'associer à cette initiative.
"La liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz constitue une priorité immédiate, compte tenu des répercussions économiques mondiales de ce conflit", souligne l'Élysée.
Keir Starmer mettra également en avant l'importance de rassurer le secteur maritime commercial et d'appuyer les opérations de déminage pour restaurer la stabilité. Depuis le début des tensions en Iran, le blocus du détroit, qui représente un transit essentiel pour 20% du pétrole et du gaz mondial, a entraîné une augmentation des prix de l'énergie impactant sévèrement l'économie mondiale.
Une conférence sans les États-Unis
Bien qu'un cessez-le-feu temporaire soit en vigueur, la situation reste précaire après l'échec des négociations entre les États-Unis et l'Iran. Téhéran maintient un contrôle sur ce passage stratégique, tandis que Washington a intensifié le blocus naval sur les navires jurant d'être en accord avec les Iraniens.
La présidence française a précisé que les États-Unis n'étaient pas conviés à cette mission, car ils ne participent pas au conflit. L'Élysée a souligné : "Nous agirons en plein accord avec nos partenaires américains, sans former une coalition avec eux." Cela contraste avec le souhait exprimé par le chancelier Merz d'inclure Washington.
"Aucun péage ne sera accepté"
Ce projet, clairement défensif, exige une cessation effective des conflits entre les États-Unis, Israël et l'Iran. "Pour le moment, nous nous basons sur un cessez-le-feu fragile dont la durabilité est incertaine", a rappelé l'Élysée, alors que des pourparlers pour un renouvellement des négociations irano-américaines se poursuivent.
"Nous devons garantir un engagement ferme de la part de l'Iran et des États-Unis, afin d'assurer une circulation sûre des navires dans le détroit d'Ormuz", a insisté un conseiller élyséen.
Le détroit ne doit pas être miné, et la France insiste : "Aucun péage ne sera toléré" - une option récemment avancée par Téhéran. Les pays participants à la mission s'engagent en fonction de leurs capacités. La France envisage d'utiliser un porte-avions et plusieurs navires et avions dans la région, tandis que l'Allemagne pourrait fournir un soutien en matière de reconnaissance maritime.
La rencontre de vendredi précèdera un "sommet international" la semaine suivante à Northwood, près de Londres, pour aborder les enjeux entourant le détroit d'Ormuz, précisa Downing Street.







