PODCAST - Dans les années 1990, cet ancien président yougoslave a orchestré un nettoyage ethnique en ex-Yougoslavie, causant la mort de près de 300 000 personnes dans sa quête pour établir une "Grande Serbie".
Le 3 juillet 2001 reste une date marquante. Slobodan Milosevic fait son apparition dans le tribunal pénal international de La Haye, au Pays-Bas, où il est accusé de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre. Au cours d'une audience d'à peine dix minutes, il qualifie le procès d'illégitime en s'exprimant en serbe. Le président de la chambre, Richard May, lui pose la question fatidique : "Plaidez-vous coupable ?" La réponse en retornant en prison. Cet événement s'inscrit dans une série de faits qui ont profondément impacté l'Histoire.
Slobodan Milosevic voit le jour en 1941, à proximité de Belgrade, alors que la Yougoslavie s'efface lentement au profit de la République fédérative socialiste, sous l'égide de Tito. Grandissant dans cet environnement complexe, il subit également le poids tragique de la perte de ses parents, suicidés à quelques années d'intervalle. Après des études de droit, il s'envole pour les États-Unis, où il travaille brièvement dans le secteur bancaire avant de revenir à Belgrade, où son ami Ivan Stambolic l'introduit au sein du Parti communiste.
Le véritable tournant de sa carrière intervient lorsqu'il parvient, en 1986, à écarter Stambolic et à s'imposer en tant que président de la Serbie en 1990. Dès lors, il commence à remettre en question le statut des provinces serbes, notamment le Kosovo, où l'autonomie accordée aux Albanais est brusquement révoquée.
L'intervention nécessaire de la communauté internationale
Au cours de cette même période, la Republique socialiste de Yougoslavie connaît une désintégration sans précédent. Les régions comme la Slovénie, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine réclament leur indépendance, suscitant la colère de Milosevic, qui déclare la guerre. Il rêve de constituer une grande nation serbe, épurée de toute autre ethnie. Ses escadrons de la mort sont responsables de pratiques abominables, allant de la torture à des meurtres de masse, faisant peser un bilan tragique s'élevant entre 200 000 et 300 000 vies. Comme le souligne l'historien Serge Klarsfeld, "la communauté internationale était trop timide face à l'ampleur des atrocités". Ce constat souligne l'importance d'une intervention plus ferme de la part des puissances mondiales dans les conflits ethniques et nationaux.







