Les voyages vers les États-Unis connaissent une forte baisse, et un mouvement de boycott contre les produits américains gagne du terrain en France. Avec l'ère Trump, l'éloignement des Français à l'égard de l'Amérique ne fait que se renforcer.
Traditionnellement, Catherine, une guide touristique, parcourait les rues de Washington avec des groupes de Français. Cependant, ces derniers temps, la tendance s'est inversée. "Le parvis du Capitole est moins fréquenté. J'ai observé une chute de 50 % de mon chiffre d'affaires depuis juillet dernier", se plaint-elle. La chute est significative : les autorités américaines rapportent une diminution de 7 % des voyages français vers les États-Unis en un an.
Les agences de voyages en France ressentent aussi cet effet. Dans une agence parisienne, les réservations pour les États-Unis, autrefois en tête des demandes, ont diminué de 50 %. "Cela coïncide avec l'arrivée de l'administration Trump. Beaucoup de clients nous ont confié que l'atmosphère ambiante les dissuade de vouloir visiter les États-Unis", indique Loic Minvielle, directeur général délégué de Comptoir des voyages.
Une rupture historique
Pour certains Français, renoncer à aller aux États-Unis, éviter d'assister à la prochaine Coupe du monde de foot ou boycotter les produits américains devient une réalité. "Si je dois investir dans un vol, ce sera peut-être pour un pays plus stable, moins affecté par les troubles politiques", affirme un jeune homme. "Sans aller jusqu'à un boycott total, il serait judicieux de repenser notre stratégie d’importation et développer notre propre production en Europe", propose un autre interlocuteur.
Ce sentiment s'exprime aussi sur les réseaux sociaux, où de nombreux Français manifestent leur volonté de boycotter les États-Unis. Selon un sondage Ifop, la perception des États-Unis comme un pays ennemi est passée de 30 % en avril 2025 à 42 % aujourd'hui. "C'est frappant : en l'espace de quelques mois, presque la moitié des Français voient désormais les États-Unis comme un pays ennemi. C'est une rupture historique de nos relations, surtout après 1945 et depuis la fondation même des États-Unis", analyse François Kraus, directeur du Pôle politique de l’Ifop. Que ce soit passager ou révélateur d'un profond malaise, le divorce entre les Français et l'Amérique de Trump semble bel et bien consommé.







