Depuis plusieurs mois, les discours enchevêtrés et les obsessions de Donald Trump suscitent des questionnements sur son état de santé mentale. Pour La Dépêche du Midi, le politologue Dominique Simonnet analyse ces inquiétudes grandissantes.
Après les derniers dérapages de Donald Trump, faut-il réellement s’inquiéter pour sa santé mentale ?
Il est tout à fait légitime de poser cette question. Donald Trump, le président le plus âgé de l’histoire des États-Unis, ne peut être sujet à un diagnostic sans éléments médicaux concrets. Bien qu’il n’y ait pas de preuves tangibles d’un trouble psychologique, ses discours montrent des répétitions et des erreurs, qui pourraient tout aussi bien résulter d’une préparation incomplète ou d’une ignorance. Toutefois, son narcissisme flagrant influence indéniablement son approche du pouvoir.
Qu'est-ce que cela implique ?
Ce que l’on observe, sans établir de diagnostic, est un narcissisme quasi obsessionnel chez lui. Ce trait est manifeste dans sa manière de se mettre en scène et de se concentrer sur ses expériences passées, notamment lors de sa défaite face à Joe Biden en 2020. Pour atteindre un tel niveau de pouvoir, un narcissisme presque pathologique semble être requis. Bien que cela ne signifie pas qu'il ne soit pas capable de gouverner, cet aspect de sa personnalité façonne son discours et ses interactions, suscitant une préoccupation car cet ego surdimensionné dirige la première puissance mondiale.
Paradoxalement, Donald Trump, toujours en mouvement, cela signifie-t-il qu’il va bien ?
Oui, c'est un paradoxe. Malgré ses obsessions, il démontre une énergie remarquable pour son âge. Son emploi du temps chargé, avec des discours longs et des réunions dès le matin, indique une vitalité qui semble contredire l’idée d’un président affaibli. Ce contraste complique toute analyse : alors qu’il montre des signes de vulnérabilité, sa résilience laisse penser qu’il est encore capable d’assumer ses responsabilités.
Donald Trump pourrait-il être poussé vers la sortie ?
Cela semble très peu probable. La Constitution inclut un mécanisme, le 25e amendement, permettant de déclarer un président inapte. Cependant, ce processus est tellement chargé politiquement et juridiquement qu’il reste peu probable qu’il soit mis en œuvre. Les proches de Trump, qui lui font preuve d’une loyauté quasi aveugle, seraient peu enclins à divulguer des problèmes de santé, préférant les dissimuler comme cela a déjà été observé par le passé.
Des précédents historiques existent-ils dans ce contexte aux États-Unis ?
Oui, l'histoire américaine montre plusieurs cas où des problèmes de santé ont été cachés, ayant parfois des conséquences tragiques. Parmi les exemples les plus marquants, on trouve celui de Woodrow Wilson : en 1919, après une intense période de promesses diplomatiques, il subit un AVC sévère. Sa condition fut dissimulée, conduisant sa femme, Edith Wilson, à gérer les affaires de l'État dans l’ombre pendant plusieurs mois. Ce type de dissimulation a mené à la création du 25e amendement, mais l'histoire suggère que, face au pouvoir, le secret prime souvent sur la transparence.







