Dans une société américaine de plus en plus polarisée, le serment prononcé par le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, a déclenché des réactions variées. Lors de sa prise de fonction, il a fait le choix audacieux de prêter serment sur plusieurs exemplaires du Coran, une première dans l’histoire récente des États-Unis.
Cet événement, bien que symbolique, souligne la complexité croissante de la laïcité dans un pays où les références religieuses s'immiscent souvent dans le domaine public. En effet, alors que le premier amendement de la Constitution américaine garantissait une séparation entre église et état, de nombreux observateurs, y compris des universitaires comme la professeure à l'Université de Columbia, Jane K. Smith, estiment que la tendance actuelle va à l'encontre de cet idéal. Comme elle le fait remarquer, « la laïcité doit être défendue avec rigueur pour éviter un recul des droits civiques ».
Le pays a vu une montée des discours religieux dans la sphère politique ces dernières décennies. Depuis l’adoption de la formule « sous l’autorité de Dieu » dans le serment d'allégeance en 1954, la question de la neutralité religieuse des institutions publiques est devenue un sujet de controverses intenses (Le Monde, 2023). Mamdani, en choisissant de prêter serment sur le Coran, incarne à la fois la diversité de la population new-yorkaise et les frictions qu'elle engendre, en ravivant un débat sur les valeurs communes aux États-Unis.
Les réticences autour de cet acte ne se sont pas faites attendre. Les opposants, principalement issus de milieux conservateurs, y voient une atteinte à l'héritage protestant du pays. L'animateur de radio, Bill O'Reilly, a exprimé son indignation en déclarant : « Cela sape les fondations mêmes de notre nation. » Pourtant, certains défenseurs de la diversité, comme Rosa Martinez, une militante pour l’égalité religieuse, affirment que ce geste pourrait être perçu comme un pas en avant vers l’inclusivité, en ajoutant qu'« il est essentiel que chaque citoyen se sente représenté, peu importe ses croyances ».
En conclusion, le serment de Mamdani ouvre la voie à un dialogue nécessaire sur la façon dont la société américaine peut concilier ses valeurs démocratiques et sa diversité religieuse. L’avenir de la laïcité semble désormais entre les mains des élus et du public, alors que des voix continuent de se faire entendre pour réclamer une séparation plus stricte entre le gouvernement et les institutions religieuses, et un respect accru pour tous les citoyens, quelles que soient leurs croyances.







