Les récents événements au Venezuela suscitent de vives discussions sur le choix des mots utilisés par les médias pour décrire l'implication militaire des États-Unis. Les critiques des auditeurs soulignent la nécessité d’un langage précis et éthique, interrogeant la distinction entre "invasion", "coup d'État" et "acte de guerre".
Emmanuelle Daviet, journaliste de Radio France, a invité Anne Soëtemondt, directrice de l’information internationale, pour aborder ces questions. Selon Soëtemondt, le terme "coup d'État" n'est pas applicable ici car cela implique une prise de pouvoir de l'intérieur d'un gouvernement. En effet, la situation au Venezuela résulte d’une opération extérieure sans troupes américaines sur le sol vénézuélien, ce qui ne peut pas être qualifié formellement d’invasion.
Pour une meilleure compréhension, elle note que le terme le plus approprié pourrait être "coup de force". Quant à la qualification d'un "acte de guerre", cela relèverait d'une interprétation juridique complexe, réservé à des experts, mais cela évoque une action illicite selon le droit international.
Des remarques supplémentaires portent sur l'utilisation des termes tels que "exfiltration" et "capture". Ces mots ont des connotations spécifiques et peuvent donner une impression erronée de la gravité des événements. Par exemple, le mot "exfiltration" implique un consentement qui n’était pas présent dans les circonstances d’un enlèvement. Les médias doivent s’efforcer de trouver le mot juste, et dans ce cas, "enlèvement" est bien plus approprié.
Du côté de l'Iran, les manifestations ont été initialement présentées comme des réactions contre la vie chère, ce qui a évolué vers un mouvement politique plus large. Cette évolution mérite un suivi attentif, car les revendications des manifestants ont changé de nature. Comme le souligne Le Monde, les premiers soulèvements étaient dus à l'hyperinflation, mais ils se sont rapidement transformés en une contestation politique significative. En Iran, l'accès à l'information est très restreint, rendant le travail journalistique d'autant plus complexe.
En conclusion, la sémantique joue un rôle crucial dans la perception des conflits internationaux et il est impératif que les médias réfléchissent profondément à leur langage pour présenter les faits avec précision. Cela nécessite une expertise juridique, une analyse critique et une sensibilité éthique, donnant aux auditeurs une information claire et vérifiée.







