Aix-en-Provence (AFP) – L'affaire scandaleuse de Cyril Zattara, présenté comme hypnothérapeute et professeur de danse, a intrigué le public lors de l'ouverture de son procès, lundi dernier. Accusé d'avoir violé 14 femmes qu'il avait droguées, ce procès s'est ouvert dans un contexte tendu, marqué par un débat sur la possibilité de huis clos.
La Cour criminelle des Bouches-du-Rhône a été le théâtre d'une audience où près de vingt femmes, victimes présumées, étaient présentes. Beaucoup d'entre elles se connaissaient et se sont exprimées par des gestes de solidarité avant le début des débats. Lors de l'audience, l'avocate Me Caroline Kazanchi a demandé un huis clos pour garantir la « dignité » de sa cliente. Cependant, Me Marylou Diamantara, qui défend six autres victimes, a plaidé pour que le procès se déroule en public, soulignant l'importance des témoignages de celles qui souhaitent parler. « La dignité est essentielle, mais la transparence est un droit des victimes », a-t-elle affirmé.
Le président de la cour, Roger Arata, a rappelé les dispositions légales concernant le huis clos, mais a été interpellé par les avocats des victimes, qui ont insisté sur le besoin d'ouverture. Cette tension a mis en lumière un enjeu majeur : la volonté des victimes d’accéder à une justice visible et reconnue.
Cyril Zattara, 47 ans, en détention provisoire depuis presque cinq ans, est au cœur d'accusations troublantes. Il est suspecté d'avoir exercé une forme de soumission chimique, utilisant des somnifères dissous dans des boissons pour rendre ses victimes vulnérables. Selon des sources judiciaires, son mode opératoire bien rodé consistait à agir chez lui, où il recevait souvent ses victimes. « Ce cas rappelle d'autres affaires, notamment celle des viols de Mazan, où des comportements similaires ont conduit à des condamnations lourdes », a expliqué une experte en droit pénal.
Les débats autour de ce procès soulèvent des questions cruciales sur la justice en France et la manière dont les affaires de violences sexuelles sont traitées. La société française, déjà profondément marquée par des affaires de violences sexuelles, reste en éveil face à cette nouvelle affaire, espérant une justice qui répond aux attentes des victimes. Le public attend avec impatience la suite des délibérations.







