À la suite d'une opération militaire controversée au Venezuela, Donald Trump a récemment relancé un sujet qui préoccupe les États-Unis depuis longtemps : l'avenir du Groenland. Ce territoire autonome danois, riche en ressources naturelles, a capté l'attention de nombreux dirigeants américains, et ce, bien avant l'administration Trump.
Dans une déclaration conjointe, des pays européens, dont la France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni, ont consolidé leur soutien au Danemark face aux tentatives d'influence croissante des États-Unis au Groenland. Les dirigeants ont souligné leur respect pour l'autonomie danoise dans la gestion de ses affaires. "La question du Groenland revient exclusivement à Copenhague et à Nuuk", ont-ils affirmé, reflétant une lignée de réticences face aux ambitions américaines.
Le Groenland n'est pas seulement une île ; c'est un enjeu géopolitique de premier plan. Au cours des siècles, cette province danoise a été source de convoitises. Découverte par le Viking Eric le Rouge au Xe siècle, elle a longtemps été disputée par la Norvège et le Danemark, avant que ce dernier ne conserve la souveraineté sur l'île par le traité de Kiel en 1814. Pourtant, dès cette époque, les États-Unis revendaient déjà le Groenland comme faisant partie de leur sphère d'influence, comme l’a souligné le chercheur Mikaa Blugeon-Mered sur France 24.
Les efforts d'annexion n'ont pas manqué : en 1867, les États-Unis ont tenté d'acquérir le Groenland, mais le Danemark a opposé un refus. Ce n'est qu'en 1941, pendant la Seconde Guerre mondiale, que les États-Unis ont établi une présence militaire sur le territoire sous un accord de défense avec le Danemark, transformant le Groenland en un protectorat américain et érigeant des bases stratégiques comme celle de Thulé.
À l'heure actuelle, la situation géopolitique se renforce. Avec la fonte des glaces due au réchauffement climatique, de nouvelles voies maritimes s'ouvrent, rendant le Groenland d'autant plus attrayant tant pour les États-Unis que pour des nations telles que la Chine et la Russie. "La lutte pour le Groenland est une combinaison de préoccupations géopolitiques et de recherche de ressources", commente une source anonyme au sein du gouvernement danois.
Les réserves minières du Groenland, notamment en terres rares et hydrocarbures, attirent également l'attention. Selon des rapports du service géologique américain, le territoire pourrait détenir jusqu'à 31 milliards de barils d'équivalent pétrole, un chiffre comparable à 15 % des réserves de l'Arabie Saoudite. Cependant, l'extraction de ces ressources reste un défi majeur, comme l'indique Mikaa Blugeon-Mered, qui affirme que de nombreuses tentatives d'exploration ont échoué jusqu'à présent.
Face à ces enjeux, l'île réaffirme sa volonté de préserver son autonomie. Un sondage récent a montré que 85 % des Groenlandais sont opposés à toute forme d'annexion américaine. Dans un contexte de tensions géopolitiques grandissantes et de compétitions pour les ressources, le Groenland s'affirme comme un territoire à la croisée de nombreux intérêts, mais un territoire qui aspire à garder son destin entre ses propres mains.







