Mercredi soir, les agriculteurs de la Coordination rurale ont organisé des rassemblements en Seine-et-Marne et dans l’Essonne, en attendant de se diriger vers des « lieux symboliques » à Paris. Confrontés à une conjoncture difficile due à la dermatose bovine, à la hausse des prix des engrais, puis à la menace d’une concurrence accrue avec les pays du Mercosur, ces agriculteurs ont décidé de braver les intempéries et les interdictions préfectorales pour exprimer leur frustration de manière significative.
Un porte-parole de la CR a indiqué que plusieurs dizaines, voire centaines de tracteurs attendaient aux portes de Paris. Lionel Candelon, président de la Chambre d’agriculture du Gers, a insisté : « Tant qu’on n’aura pas de réponse, nous appliquerons la pression sur Paris et Bruxelles. » La Coordination rurale, connue pour ses actions musclées, prévoit d’entrer dans la capitale en fin de matinée.
Des barrages et des interpellations
À Fontainebleau, certains agriculteurs ont commencé à bloquer les routes avec des tas de neige, tandis qu’à Grez-sur-Loing, un conducteur de tracteur a été arrêté pour entrave à la circulation. En tout, quatre tracteurs ont forcé un barrage de gendarmerie dans les Yvelines, causant des dommages sans faire de blessés, ce qui a conduit à la mise en garde à vue de trois personnes, selon des sources policières.
Les manifestants, venant principalement du Sud-Ouest, attendent désormais l'autorisation de la préfecture de police de Paris pour poursuivre leur démarche. Bertrand Venteau, président de la CR, a fait part de son étonnement face à la mobilisation des forces de l'ordre pour une manifestation déclarée pacifique. « Même en passant par la Seine, nous parviendrons à Paris pour faire entendre nos revendications », a-t-il ajouté.
Une détermination face au mécontentement
Au sein des manifestations dans le Sud-Ouest, la situation ne semble pas s'améliorer. Malgré les températures glaciales, des agriculteurs ont érigé des barrages autour de Toulouse, selon un reportage de Le Parisien. « C'est une guerre d’usure. Nous sommes déterminés », a déclaré Pierre Solana, un éleveur du Gers. Pendant ce temps, le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis des annonces sur la situation agricole d'ici la fin de semaine.
Les tensions autour de l'accord UE-Mercosur, dont la signature est prévue le 12 janvier, continuent d'exacerber les inquiétudes des agriculteurs, qui craignent pour l’avenir de leur profession. Le responsable de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a tenu à rappeler que cet accord représente une menace pour l’agriculture européenne.
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a tenté de rassurer les professionnels agricoles lors d'une récente réunion à Bruxelles, en mentionnant que la taxe carbone sur les engrais pourrait être suspendue, bien que cette annonce n’ait pas été confirmée par la Commission européenne.







