Avec un vote crucial prévu ce mercredi 15 juillet, la France s'apprête à faire un pas vers une réforme sociétale majeure : la légalisation de l'aide à mourir. Chef de file de ce combat, Olivier Falorni a dédié sa carrière à la cause d'une fin de vie libre et choisie.
Ce projet de loi tant attendu sera soumis à un vote décisif à l'Assemblée nationale, une étape qui représente pour de nombreux partisans un moment historique. Olivier Falorni, désormais maire divers gauche de La Rochelle, sera présent pour témoigner de cette avancée législative qu'il soutient depuis de nombreuses années.
“C'est un jour marquant, après un long marathon”, a exprimé Monsieur Falorni depuis l'hémicycle, selon des déclarations relayées par LCP. Il s'est dit serein et satisfait du texte qui sera voté, soulignant l'importance de ce moment pour de nombreux Français.
Briser le silence sur la douleur
Le parcours d'Olivier Falorni est nourri par des expériences personnelles, particulièrement la perte de sa mère due à un cancer. Dans les colonnes de Libération, il a partagé : "Son décès a renforcé ma détermination à me faire élire, pour porter ce sujet qui me tient tant à cœur".
Son engagement pour le droit à une mort digne remonte à son adolescence, lorsqu'il a assisté à une conférence du sénateur Henri Caillavet, pionnier du droit à mourir avec dignité. Ce dernier avait déjà proposé une législation sur ce sujet dès 1978, soulignant l'importance de la libre disposition de son corps.
En décembre 2013, Olivier Falorni avait interpellé, avec ferveur, la ministre Marisol Touraine sur l’euthanasie, affirmant qu'il était nécessaire de faire entendre ces voix de douleur qui demandent à être écoutées. "Nous ne pouvons plus tolérer les souffrances prolongées que même les soins palliatifs ne peuvent apaiser", avait-il déclaré avec passion, créant une émotion palpable au sein de l'Assemblée, rapportait Le Lab.
Une hypocrisie à dénoncer
Au cours de sa carrière politique, Falorni, initialement engagé au PS puis au Modem, a continuellement plaidé pour un droit à une fin de vie choisie. Dans un entretien avec Ouest-France, il assurait que ce sujet touchait tous les Français, tout en précisant que ce choix ne devrait pas être confondu avec une volonté massive d'euthanasie. "La majorité des gens ne voudront pas y avoir recours, mais le choix doit être proposé. En Belgique, seulement 2% l'ont fait depuis 20 ans, et la loi ici viserait à éviter les pratiques clandestines", a-t-il clarifié.
Olivier Falorni critique ainsi la "hypocrisie" qui entoure ce débat. “Cette loi vise à encadrer des pratiques liées à la fin de vie, sans retirer de droits”, a-t-il insisté. Selon lui, l'initiative législative pourrait mettre fin à ce qu'il qualifie de mort indigne. "Nous avons vu avec la crise du Covid combien l'écoute des patients en fin de vie était souvent négligée, laissant certains dans des souffrances insupportables", a-t-il déploré auprès de Libération.
L'affaire Vincent Lambert : un tournant
En 2019, Olivier Falorni a tenté d'établir une législation sur la parole des proches dans les décisions d'arrêts de soins, dans le contexte de l'affaire Vincent Lambert, symbole tragique du débat sur la fin de vie. Il avait souligné que si sa loi avait été adoptée, la voix de l'épouse aurait porté un poids déterminant dans la décision à l'époque. Selon lui, cette affaire a mis au jour les nombreuses lacunes de la loi Claeys-Léonetti, qui régule déjà la fin de vie.
Une bataille de 14 ans pour une loi
Olivier Falorni a plaidé depuis des années pour une "assistance médicinale pour finir sa vie dignement", un engagement qu'il avait pris dès sa campagne présidentielle en 2012. Aujourd'hui, bien qu'il soit proche d'une victoire législative, des obstacles subsistent. Sébastien Lecornu, ministre des Collectivités territoriales, a annoncé son intention de saisir le Conseil constitutionnel après le vote de ce mercredi, un rappel que le chemin vers la législation sur la fin de vie pourrait encore être semé d'embûches.







