Avant le conflit qui a éclaté le 28 février, le programme nucléaire iranien attirait l'attention des puissances occidentales. Aujourd'hui, c'est le détroit d'Ormuz qui devient le véritable foyer de tensions entre Téhéran et Washington.
Ce passage maritime, vital pour le commerce des hydrocarbures, est désormais sous le contrôle de l'Iran, qui semble déterminé à ne pas le céder aux États-Unis, exacerbé par un conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï, qui a affirmé que "Ormuz est plus précieux que des dizaines de bombes atomiques".
Avant les frappes israélo-américaines, le trafic maritime dans le détroit était constamment actif, avec environ 120 navires par jour circulant librement grâce à une disposition adoptée en 1968 par l'Organisation maritime internationale (OMI). Mais depuis le début des hostilités, les Gardiens de la Révolution iranienne ont annoncé la fermeture du détroit, émettant des avertissements sur une "zone dangereuse" où des mines pourraient être présentes.
Cette décision a entraîné une chute drastique du trafic maritime et une escalade des incidents maritimes, provoquant une flambée des prix du pétrole, atteignant des niveaux record depuis l'invasion russe de l'Ukraine, excédant les 120 dollars le baril.
Le protocole d'accord signé le 17 juin a temporairement rétabli le trafic, mais une série d'attaques attribuées à l'Iran a mis en péril les échanges maritimes. Téhéran s'est engagé à assurer la sécurité des navires pendant 60 jours sans frais, mais prévoit d'imposer ensuite des "droits de redevance" sur le passage, modifiant la dynamique de la navigation, sans retour à la situation antérieure aux combats.
L'itinéraire maritime est désormais limité le long des côtes iraniennes, et des experts comme Marco Roscini, professeur de droit international, soulignent que bien que l'Iran n'ait pas ratifié la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, la liberté de passage est généralement reconnue par le droit international coutumier.
Les répercussions économiques de ce conflit sur l'Iran, exacerbées par des décennies de sanctions, poussent le pays à parler de "frais de service" pour la sécurité maritime. Des analystes comme Dimitris Ampatzidis de Kpler estiment que cela pourrait représenter une manœuvre pour légitimer ces demandes économiquement et juridiquement.
Du côté d'Oman, des esquisses de frais similaires à ceux pratiqués dans d'autres détroits, tels que Malacca ou Singapour, sont mentionnées; toutefois, ces démarches dépendent fortement de la coopération internationale et ne justifient pas un impôt unilatéral sur le passage des navires dans les détroits internationaux.







