L’océan, essentiel à la régulation du climat mondial, se trouve en péril. Le Baromètre Starfish 2026, présenté ce lundi lors de la Journée mondiale des océans, énonce une détérioration alarmante de la santé marine. Produite par Mercator Ocean International, un centre d'océanographie basé à Toulouse, cette étude révèle que la dégradation des milieux marins s'intensifie, tandis que les politiques de protection peinent à rattraper cette tendance.
Hausse du niveau des mers et canicules marines
Le rapport signale une inquiétante augmentation du niveau moyen des mers, qui s'élève désormais de 4,2 millimètres par an, soit quasiment le double du rythme antérieur. Le réchauffement des océans atteint également des niveaux alarmants, avec des températures records enregistrées en 2025. Des canicules marines ont touché 20 % de la surface océanique mondiale. Parallèlement, l'étendue des glaces de mer a atteint son deuxième plus bas maximum annuel depuis 1982.
1 685 espèces marines menacées d’extinction
Les impacts sur la biodiversité marine s'intensifient. Le rapport recense désormais 1 685 espèces marines en danger d’extinction, avec les récifs coralliens, qui ne représentent que 0,2 % des fonds marins, abritant un quart des espèces marines connues, particulièrement vulnérables. En 2025, 84,4 % des récifs ont souffert de stress thermique, augmentant le risque de blanchissement.
En parallèle, les émissions mondiales de CO2, atteignant un nouveau pic de 38,1 milliards de tonnes en 2025, continuent de croître, et la transition vers des transports maritimes moins polluants avance à un rythme jugé trop lent. Le volume de déchets plastiques produit s’élève à 130 millions de tonnes, un chiffre préoccupant pour la santé des océans.
Le baromètre déplore également la présence de 31 contrats d’exploration minière en mer profonde, dont les effets environnementaux demeurent controversés.
Conséquences : tempêtes tropicales et inondations
Les conséquences économiques de cette dégradation commencent à se manifester. En 2024, les tempêtes tropicales et les inondations ont causé 212 milliards de dollars de dommages, doublant les pertes de l'année précédente. Le coût de l'assurance maritime a également bondi de 21 % depuis 2021, atteignant 39,9 milliards de dollars, sans oublier le tragique coût humain avec 8 260 migrants perdus en mer en 2025.
Les impacts économiques associés à la dégradation marine sont souvent sous-estimés. Les pertes liées aux récifs coralliens, aux mangroves et à la pêche pourraient représenter un coût social de 48 dollars par tonne de CO2 émis, équivalent à celui de l'ensemble des autres secteurs économiques.
Ce diagnostic survient dans un contexte politique complexe où plusieurs régions du monde affichent un repli sur les politiques environnementales, accroissant la distance entre les phénomènes observés dans les océans et les mesures de protection mises en place.
Des avancées mais insuffisantes
Néanmoins, le rapport fait état de quelques avancées. Le traité international sur la haute mer est désormais en vigueur depuis janvier 2026, et l'accord de l'OMC sur les subventions à la pêche a été activé. Toutefois, seuls 3,2 % de l'océan sont sous une protection considérée comme effective pour préserver les écosystèmes.
Enfin, le rapport rappelle que l'océan constitue un allié incontournable dans la lutte contre le changement climatique, absorbant près de 90 % de la chaleur excédentaire de la planète et capturant au moins 12 milliards de tonnes de CO2 par an.







