La justice israélienne a décidé de prolonger jusqu'à dimanche la détention de deux militants de la flottille pour Gaza, arrêtés au large de la Grèce. Cette décision a été communiquée par l'avocate Hadeel Abou Salih, qui dénonce une manœuvre visant à criminaliser la solidarité internationale envers le peuple palestinien.
Le juge a justifié la prolongation en indiquant que des interrogatoires supplémentaires étaient nécessaires. Abou Salih, représentant de l'ONG israélienne des droits de l'homme Adalah, représente les deux hommes : l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila. Elle a également annoncé qu'un appel serait interjeté pour obtenir une nouvelle audience rapidement.
L'Espagne a de son côté insisté pour la libération immédiate de son citoyen, qualifiant sa détention d'illégale. Le ministère espagnol des Affaires étrangères a assuré que le consul continuerait à suivre la situation de près, en apportant toute l'aide nécessaire.
Les autorités israéliennes, qui avaient demandé une prolongation de six jours, accusent les militants de maintenir des liens avec le Hamas. Cependant, les deux hommes nient fermement ces accusations. Ils ont été présentés devant le tribunal d'Ashkelon menottés, selon des journalistes de l'AFP présents sur place.
Les interrogatoires se sont principalement concentrés sur leurs activités liées à la flottille, a lamenté leur avocate, semblant déplorer le manque de transparence de la part des forces de l'ordre sur les preuves les concernant à ce stade. Les charges retenues incluent « assistance à l'ennemi en temps de guerre » et « contacts avec un agent étranger ».
Hadeel Abou Salih a qualifié leur détention d'illégale, arguant qu'ils avaient été interpellés dans les eaux internationales, éloignés de Gaza. « Il est inacceptable de maintenir des individus en détention pour des raisons politiques », a-t-elle déclaré.
La flottille, qui devait initialement compter environ cinquante bateaux, vise à briser le blocus israélien sur Gaza, où l'aide humanitaire est de plus en plus rare. Les deux militants avaient été interpellés jeudi par l'armée israélienne, aux côtés de 175 autres participants, qui ont tous été relâchés en Grèce.
Selon l'ONG Adalah, Saïf Abu Keshek et Thiago Avila subissent des mauvais traitements en prison, avec des séances d'interrogatoires pouvant durcir jusqu'à huit heures, des conditions de détention strictes, et une grève de la faim depuis leur arrestation.
La police israélienne n'a pas encore répondu aux allégations de mauvais traitement. Ce n'est pas la première tentative d'accès à Gaza pour cette flottille, car en 2025, plusieurs activistes avaient déjà été arrêtés dans des circonstances similaires.
Le gouvernement espagnol a insisté sur le fait qu'Israël n'avait fourni « aucune preuve » de l'association des militants au Hamas, rendant ainsi leur arrestation encore plus problématique sur le plan juridique et international.







