Pour Christian Sainte, directeur national de la police judiciaire, le procès des membres présumés de la DZ Mafia est un acte fondateur dans la lutte contre cette organisation criminelle. Le verdict rendu le 14 avril a marqué la condamnation de Gabriel Ory à 25 ans de réclusion, mais également l'acquittement d'Amine Oualane, soulignant la complexité de ces affaires.
Lors d'une interview sur RTL, Sainte a affirmé : "C'est un premier grand procès concernant la DZ Mafia. Nous ne devons voir cela que comme le commencement d'une série de combats." Pour le patron de la PJ, cette organisation est devenue suffisamment volumineuse pour justifier des actions rapides et renforcées, notamment dans le domaine numérique.
Une organisation en pleine expansion
Les enquêtes dévoilent une DZ Mafia qui s'étend au-delà de ses bases historiques à Marseille, se propageant dans plus d'une dizaine de départements, avec un chiffre alarmant de 900 interpellations enregistrées en seulement deux ans. Christian Sainte a souligné sur RTL que "il existe toujours une dynamique de recrutement perpétuelle, principalement orchestrée par le biais des réseaux sociaux, où les exécutants peuvent être ralliés pour des sommes parfois dérisoires. Cela rend chaque tâche plus accessible, des voleurs aux tireurs."
Concernant les enjeux financiers, Sainte a mis en lumière les deux milliards d'euros saisis l'an dernier, tout en reconnaissant que ces chiffres ne représentent qu'une fraction des véritables flux d'argent générés par le trafic de drogue, évalué à entre 7 et 10 milliards d'euros selon les experts.
Les défis des enquêteurs
Pour faire face à cette menace croissante, Christian Sainte émet une demande claire pour une amélioration des moyens d'enquête, en particulier dans le secteur numérique. "Nous ne pouvons pas négliger ce virage crucial", a-t-il insisté. Les enquêteurs doivent avoir les capacités nécessaires pour infiltrer les réseaux criminels, ce qui, selon lui, exige une évolution législative. "C'est au Parlement que ces questions doivent être abordées, afin de garantir que nos outils d'enquête respectent également les libertés individuelles, tout en étant suffisamment robustes pour faire face à ces organisations", a-t-il déclaré.
En conclusion, le procès de la DZ Mafia pourrait bien représenter un tournant dans la lutte contre le narcotrafic, mais il est clair que les défis qui restent à relever sont nombreux et exigeants.







