Des figures marquantes de l'extrême droite provenant de divers pays européens se réuniront à Milan ce samedi pour un événement majeur consacré aux thèmes de l'immigration, de la sécurité et de la remise en question des règles communautaires. Ce rassemblement survient après une défaite significative de Viktor Orban lors des élections en Hongrie.
Les "Patriotes pour l'Europe", un groupe politique au sein du Parlement européen, a convoqué ses partisans à 15h00 (13h00 GMT) devant le Dôme de Milan, un symbole fort de la chrétienté, pour cet événement intitulé "Sans peur : en Europe, patrons chez nous".
Parmi les invités figurent Jordan Bardella de France, Geert Wilders des Pays-Bas, la Grecque Afroditi Latinopoulou et le Tchèque Andrej Babis, tous conviés par Matteo Salvini, leader de la Ligue et vice-président du gouvernement italien ultraconservateur de Giorgia Meloni. Ces trois derniers ont confirmé leur présence, mais aucune annonce n’a été faite pour des représentants espagnols ou hongrois.
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national français, avait récemment exprimé son soutien à Viktor Orban, soulignant l'importance cruciale de l'année 2027, marquée par des élections majeures en France, en Italie, en Espagne et en Pologne. Ces scrutins pourraient donner un nouvel élan au nationalisme en Europe, comme le signalent plusieurs analystes politiques.
Un rassemblement opposé, réunissant des figures de gauche, se déroulera également à Barcelone, incluant le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez ainsi que des leaders brésilien et mexicain.
"Paix, travail et sécurité" seront les mots d’ordre de la manifestation milanaise, a déclaré Matteo Salvini lors d'une conférence de presse. Il a promis un rassemblement pacifique mais déterminé, tout en s'opposant fermement à toute intervention dans des conflits étrangers tels que ceux en Iran ou en Ukraine.
Des mesures anti-immigrés, incluant la limitation de l'aide juridictionnelle et des restrictions sévères sur le regroupement familial, seront également mises en avant. La Ligue insiste sur la nécessité pour l'Union européenne d'assouplir ses règles budgétaires afin de soutenir les citoyens durant la crise énergétique causée par les conflits au Moyen-Orient.
Salvini a critiqué l'inertie de Bruxelles en déclarant : "Ces règles sont insoutenables alors que des guerres font rage. Nous allons rappeler à certains à Bruxelles la réalité, avec des manières courtoises, bien sûr". En cas de refus de la Commission, il a promis que la Ligue agirait de manière autonome, faisant écho à un sentiment croissant d'insatisfaction envers les politiques de l'UE.
Une caravane de tracteurs et de motards se mettra en marche pour rejoindre la place du Dôme, témoignant d'un mécontentement contre les accords de libre-échange et les restrictions de circulation. Ce rassemblement représente également une tentative pour la Ligue de regagner du terrain électoral, alors que les sondages indiquent une chute de sa popularité, oscillant autour de 6 à 8%, une baisse par rapport aux 17,35% obtenus en 2018.
La Ligue devra également faire face à une concurrence accrue de la part de mouvements plus à droite, comme le mouvement "Futur national" dirigé par un ancien membre du parti. Parallèlement, plusieurs événements anti-rassemblement sont prévus ce jour-là, illustrant le clivage politique croissant dans une ville comme Milan, traditionnellement perçue comme un bastion de la gauche.







